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Quand faut-il vraiment avoir peur en avion?

Captain Mitty, in the 737 / Bill Abbott via Flickr CC License By

Captain Mitty, in the 737 / Bill Abbott via Flickr CC License By

Il est difficile pour un passager qui a peu ou aucune connaissance en aéronautique de comprendre ce qui est normal et ce qui ne l’est pas dans un avion de ligne en vol. Le magazine américain MensHealth a décidé d’en avoir le cœur net et a demandé à trois pilotes d’expliquer, ce qu’ils ne font presque jamais, ce qui est vraiment dangereux et ce qui ne l’est pas du tout. Les apparences sont trompeuses.

-Turbulences et trous d’air

«C’est désagréable, mais très rarement dangereux», explique Patrick Smith, pilote et auteur du livre «Cockpit Confidential». «Même dans un ciel très instable, un avion fait rarement des écarts de plus de 3 à 5 mètres et généralement moins». Il ajoute: «les passagers auront l’impression que l’avion tombe soudain sur des centaines de mètres alors qu’en fait il bouge à peine».

Seulement un seul avion dans l’histoire de l’aviation s’est crashé à la suite de turbulences, un vol de la BOAC en 1966.

-Coupure moteur

Cela ne signifie pas grand chose. La vitesse d’un avion ne dépend pas forcément du fonctionnement des moteurs comme dans une voiture. «C’est comme avec une bicyclette», explique le pilote à la retraite Tom Bunn qui a créé des programmes baptisés Soar fear-of-flying course pour permettre aux gens ayant très peur en avion de surmonter leurs angoisses. «Vous pouvez cesser de pédaler sur votre bicyclette et continuer à rouler pendant un moment». Il estime que la probabilité pour qu’un avion de ligne décroche après une coupure des moteurs est presque nulle.

-De la fumée dans la cabine

Quand il y a de la fumée dans un avion, il n’y a pas probablement pas de feu. Quelque chose est très probablement en train de se consumer, mais il s’agit très certainement d’un problème d’étanchéité entre l’échappement des moteurs et le système d’air conditionné ou d’une fuite d’huile sur l’une des turbines qui pressurise l’air. Ce n’est pas agréable, mais assez peu dangereux. Les incendies sont très contrôlés par les systèmes automatiques dans les avions parce que leurs réservoirs emportent des dizaines de tonnes de kérosène, ce qui en fait en théorie des bombes volantes. Et pourtant, sauf quand il y a une bombe, les avions de ligne n'explosent pas en vol.

-Moteur en feu

C’est probablement du carburant qui a pris feu avant d’être éteint par la trainée des moteurs. Un flash similaire pendant le vol peut se produire quand des oiseaux sont aspirés par les réacteurs. «Chaque jour des avions entrent en collision avec des oiseaux et cela peut parfois entraîner, quand il s’agit de très gros oiseaux, une perte de puissance des moteurs».

-Déploiement des masques à oxygène

Cela est lié à une défaillance du système de pressurisation ou a la rupture d’un hublot, d’une porte ou du fuselage. «Cela est très mauvais pour le commerce, mais fait partie des incidents normaux auxquels nous sommes préparés et que nous rencontrons souvent dans les simulateurs. Tous les pilotes sont entrainés à descendre rapidement à une altitude où l’air extérieur est respirable».

-Le sol, l’océan ou les alpes tournoyant devant vous

C’est le seul moyen pour un passager, avec l’annonce par l’équipage d’un atterrissage en catastrophe, de savoir que quelque chose est en train de très mal se passer dans le cockpit.

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