Partager cet article

Si votre travail est répétitif, il va probablement disparaitre

La raffinerie de Grangemouth, en Ecosse, en octobre 2013. REUTERS/Russell Cheyne

La raffinerie de Grangemouth, en Ecosse, en octobre 2013. REUTERS/Russell Cheyne

Le marché du travail des pays industrialisés a été longtemps constitué pour l'essentiel par des emplois liés à tâches répétitives effectuées dans les usines ou les bureaux. Ce monde disparaît explique le Wall Street Journal en s’appuyant notamment sur les travaux très récents de deux économistes, Henry Siu de la British Columbia University et Nir Jaimovich de la Duke University. Ils ont publié via le Think tank démocrate Third Way une étude qui montre qu’aux Etats-Unis lors des deux derniers cycles de récession et reprise, une période qui commence en 2001, la création d’emplois est venue uniquement de tâches non répétitives.

Pour parvenir à cette conclusion, Henry Siu et Nir Jaimovich ont classé les emplois en fonction de leur caractère répétitif et s’ils sont manuels (cols bleus) ou intellectuels (cols blancs). Certains emplois mêlent des tâches répétitives et non répétitives et les économistes ont établi leur classification en fonction des activités les plus fréquentes. Les résultats sont spectaculaires. Dans les deux dernières récessions aux Etats-Unis, le nombre d’emploi répétitif s’est effondré et n’a jamais retrouvé ses niveaux précédents avec une disparition définitive à chaque fois de plus de 5% du nombre de postes répétitifs manuels comme intellectuels. «Historiquement, ces emplois étaient recréés après les récessions», explique Henry Siu. «Mais un changement fondamental s’est produit dans la façon dont se comporte le marché du travail». 

Henry Siu estime que ses emplois ont été en fait bien plus remplacés par l’automatisation que par les délocalisations. Si certains emplois industriels sont bien partis à l’étranger et notamment en Asie, «il est difficile de délocaliser une secrétaire», explique-t-il. En fait, les emplois répétitifs sont remplacés par des machines et victimes des progrès technologiques.

A la fin des années 1980 aux Etats-Unis, les emplois répétitifs intellectuels étaient occupés par 17% de la population et les emplois répétitifs manuels par 16% de la population. Ces chiffres ont été ramenés aujourd'hui à respectivement 13,5% et 12%.

Pour MM. Siu et Jaimovich, il n’y a aucune raison pour que cette tendance s’inverse. «De nombreuses tâches répétitives qui étaient courantes ont commencé à disparaître et d’autres sont devenus obsolètes. C’est parce qu’elles sont facilement réalisées par les machines issues des nouvelles technologies». Mais ils ne sont pas de ceux qui pensent que les robots vont rendre les humains obsolètes sur le marché du travail. Leurs travaux montrent que l’économie a continué à créer des emplois, mais avant tout non répétitifs et intellectuels. Depuis la fin des années 1980, plus de 22 millions d’emplois de ce type ont été créés par l’économie américaine.

«Il est difficile de dire que sur le long terme la technologie appauvrit et je ne suis pas de ceux qui sont pessimistes sur l’impact de la technologie», souligne Henry Siu. «Nous ferons ce que nous avons toujours fait. Les capacités humaines permettent de nous adapter. Nous allons accroître notre avantage comparatif».

 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte