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Les Européens ont la peau blanche depuis peu de temps

Le Jour ni l’Heure 1769, par Renaud Camus via FlickrCC / Licence By

Le Jour ni l’Heure 1769, par Renaud Camus via FlickrCC / Licence By

Contrairement à la pensée commune, la peau blanche, la grande taille et la capacité pour les adultes à digérer le lait sont des caractéristiques assez récentes des populations européennes. Selon une étude scientifique menée par l’Université d’Harvard, citée par ScienceMag et présentée à la 84ème conférence de l’Association américaine d’Anthropologie physique, la plupart des Européens actuels ont une faible ressemblance physique avec les Européens d’il y a 8 000 ans.

Les Européens actuels sont pour la plupart des «immigrés» récents. En comparant les ADN de 83 squelettes retrouvés sur des sites archéologiques datant de 8 000 à 3 200 ans, il apparaît que les Européens actuels sont issues d’un mélange d’au moins trois populations de chasseurs cueilleurs et de fermiers qui sont arrivées en Europe de façon séparées au cours des 8 000 dernières années. L’étude révèle ainsi qu’une migration massive d’éleveurs nomades Yamnaya, qui seraient venus des steppes du nord de la mer noire, aurait apporté le langage indo-européen il y a 4 500 ans.  

L’étude confirme également que les chasseurs-cueilleurs européens ne pouvaient pas digérer le lait il y a 8 000 ans tout comme les premiers fermiers et les Yamnaya. Ce n’est qu’il y a 4 300 ans que le gène de tolérance à la lactose chez les adultes s’est répandu en Europe. Il a permis un développement plus rapide des populations en diversifiant les sources d’apports alimentaires et en favorisant l’élevage.

Pour ce qui est de la couleur de la peau, l’évolution est complexe avec l’intervention de trois gènes différents qui éclaircissent la peau. Les humains modernes qui sont venus d’Afrique et se sont installés en Europe il y a 40 000 ans avaient sans doute la peau foncée qui présente de grands avantages dans les régions très ensoleillées. Les données de l’étude de Harvard montrent que les chasseurs cueilleurs d’il y a 8 500 ans dans des régions aussi différentes que l’Espagne, le Luxembourg ou la Hongrie avaient la peau foncée.

Dans le nord de l’Europe où le manque de lumière favorise la peau claire, les populations comme celles du site archéologique de Motala au sud de la Suède il y a 7 700 ans avaient des gènes liés à la peau blanche. Cette pigmentation permet de maximiser la synthèse de la vitamine D quand l’ensoleillement est limité. Puis les premiers fermiers venus de l’Est, qui avaient aussi un gène de peau claire, sont arrivés en Europe et se sont mélangés avec les populations locales de chasseurs cueilleurs. Les populations du centre et du sud de l’Europe ont commencé également alors à avoir la peau claire.

L’étude montre enfin que la sélection a commencé à favoriser l’augmentation de la taille, liée à l’interaction de nombreux gènes, dans les populations du centre et du nord de l’Europe il y a 8 000 ans.

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