Partager cet article

Les courbes de croissance des enfants doivent-elles être changées?

Tape Measure / wwarby via FlickrCC License by

Tape Measure / wwarby via FlickrCC License by

La France pourrait adopter les courbes proposées par l’Organisation mondiale de la santé.

Dans le cadre de la mise à jour des carnets de santé, la Direction générale de la santé a fait appel à l’Inserm pour répondre à une question: faut-il changer les courbes de croissance qui datent de 1979? Comme le souligne l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, les courbes actuelles sont basées sur des mesures effectuées dans les années 1950. Des mesures désormais en décalage avec le mode de vie des Français, dont les habitudes de consommation ont évidemment changé en 60 ans.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) propose depuis 2006 une nouvelle méthodologie pour calculer les normes de croissance de l’enfant, basées sur des mesures effectuées entre 1997 et 2003, donc bien plus récentes que celles des courbes de croissance françaises. «Les premières données relatives à la croissance et renseignements connexes ont été rassemblés pour 8.440 nourrissons allaités au sein et jeunes enfants en bonne santé ayant des origines ethniques et des environnements culturels très divers (Brésil, Etats-Unis d’Amérique, Ghana, Inde, Norvège et Oman)», expliquait alors l’OMS. Grâce à des données déjà disponibles, les courbes s’étalent jusqu’à l’âge de 19 ans.

«Les nouvelles normes sont importantes pour les parents, les professionnels de santé et les autres dispensateurs de soins car elles leur permettent d'évaluer la croissance et le développement des enfants individuellement et au niveau de la population dans son ensemble», déclarait à l’époque le docteur Cutberto Garza, qui a dirigé l’étude de l’OMS.

De nombreux pays ont déjà adopté ces nouvelles moyennes et la France pourrait suivre le mouvement. Afin d’en saisir la pertinence, l’Inserm explique avoir «analysé plus de 82 000 mesures du poids et de la taille de plus de 27 000 enfants nés en France entre 1981 et 2007 et âgés de 0 à 18 ans.» Résultat, ces calculs se rapprochent bien plus des courbes de l’OMS que celles actuellement en vigueur.

Mais pour l’instant, quelques obstacles subsistent. Il y a d’abord un risque d’inquiéter inutilement les parents, étant donné que «entre la naissance et 6 mois est plus faible comparée à celle des enfants ayant contribué à l’établissement des courbes de l’OMS.» Il faudra aussi trouver comment mieux déceler les éventuels retards de croissance causés par un déficit. «La courbe choisie comme référence doit permettre de détecter précocement ce type de trouble, sans pour autant inquiéter à tort des enfants présentant des variantes non-pathologiques de la croissance», expliquent dans leur article les chargées de l’enquête Pauline Scherdel et Barbara Heude.

Le problème va aussi se poser pour les courbes de poids: la Direction générale de la santé devra choisir entre celles de l’OMS, de la France et de l’International Obesity Task Force (IOTF), qui présentent des moyennes différentes.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte