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Dans les universités américaines, la difficile vie des étudiants transgenres

Temps de lecture : 2 min

Logement, discriminations, utilisation des toilettes, harcèlement, agressions… les problèmes que subissent les étudiants transgenres américains persistent aujourd’hui encore.

L'université George Fox dans l'Oregon, aux Etats-Unis. Photo Wikimédia CC par  M.O. Stevens
L'université George Fox dans l'Oregon, aux Etats-Unis. Photo Wikimédia CC par M.O. Stevens

Aux Etats-Unis, les débats portant sur la communauté LGBTQ traitent souvent du mariage ou de la discrimination dans le monde du travail. Mais pour Alison Gash, professeur d’université dont le site Quartz diffuse la contribution, on oublie trop souvent d’autres formes de discriminations, plus invisibles, comme celles faites aux étudiants transgenres. Elle rappelle qu’en 2011, un sondage national sur le sujet avait montré que 80 % des personnes ayant changé de sexe ont fait face au harcèlement à l’école et 30 % d’entre eux ont déjà été agressé physiquement. Aujourd’hui, ces chiffres ont baissé à 35 et 5 %, ce qui montre un progrès spectaculaire mais pas suffisant selon Alison Gash. «Et même s’ils ont étudié à l’université, les personnes transgenres sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté ou de faire face à une discrimination au travail à cause de leur identité», ajoute l’auteur.

Dans les universités californiennes, l'accueil des transgenres est meilleur que dans le reste du pays où les choses se compliquent quand les étudiants doivent par exemple utiliser les salles de bains et les toilettes des campus. Comment choisir où aller quand l’environnement dans lequel on vit a du mal à reconnaître son identité? «La moindre décision, même basique […] peut provoquer de l’anxiété et de l’opposition au sein du campus», note la professeur.

Même pour se loger, les étudiants transgenres font face à l’incompréhension. Sur le site Change.org, on a pu voir émerger l'année dernière une pétition défendant Jayce, un étudiant né femme. Il a déposé une plainte contre son université qui lui demandait d’habiter dans un logement seul et isolé des chambres des autres garçons. Mais le département d’éducation lui a répondu que cet établissement, la George Fox University, bénéficiait d’une «exemption religieuse» lui permettant d’agir ainsi.

L’opposition religieuse dans la reconnaissance des personnes transgenres prend des proportions énormes aux Etats-Unis. Des thérapies de «conversion» sont mises en place par des groupes religieux pour convaincre les gays et les transgenres de «retrouver» une orientation sexuelle qu’ils estiment «naturelle». Nous vous parlions il y a quelques jours de la volonté de Barack Obama d’interdire ces programmes dans les Etats. Il répondait à une pétition lancée à la suite du suicide d’une adolescente transgenre. Des thérapeutes religieux avaient tenté de la convaincre de «redevenir» un garçon.

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