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Au Japon, le business du nettoyage des «morts solitaires»

Un employé utilise de l'insecticide pour nettoyer un appartement d'une personne morte dans la solitude. Tokyo, le 20 mars 2015. REUTERS/Toru Hanai

Un employé utilise de l'insecticide pour nettoyer un appartement d'une personne morte dans la solitude. Tokyo, le 20 mars 2015. REUTERS/Toru Hanai

Des entreprises se sont spécialisées dans le nettoyage d’appartements de personnes mortes dans la solitude. Un phénomène tristement répandu au Japon.

On appelle cela le «kodokushi», ou les «morts solitaires». Le Japon, qui fait face à une population de plus en plus vieillissante, doit gérer de plus en plus de décès de personnes âgées vivant seules chez elles.

En 2012, le New York Times racontait qu’on en compte des milliers chaque année. «Il s’agit, pour la plupart, de personnes marginales, sans amis ou famille, avec quasiment pas d’argent et peu de ressources», trop fières pour afficher leur détresse.

«La police a trouvé trois corps [en février 2012] dans un appartement de Saitama, dans le nord de Tokyo: un couple âgé et leur fils. Ils semblent être morts de faim. Il n’y avait pas de nourriture à côté, juste quelques bouteilles d’eau. Un chat mort. Et quelques pièces de 1 yen.»

Des entreprises de nettoyage se sont mises en place pour s’occuper de ces appartements de kodkushi. Toru Hanai, photographe pour l’agence Reuters, a réalisé un reportage avec l’une d’entre elles


Il évoque la découverte du corps d’un vieil homme dans sa baignoire à Tokyo. «La banque de l’homme décédé avait payé son loyer à temps et sa famille ne venait pas le voir, raconte Toru Hanai. La seule raison pour laquelle le corps a été découvert était l’odeur qui a dérangé les voisins du dessous.»

Les employés sont en train de mettre dans des sacs poubelles les affaire de la personne décédée. REUTERS/Toru Hanai

Hirotsugu Masuda, en train de nettoyer un appartement. REUTERS/Toru Hanai

 

Hirotsugu Masuda fait partie de ce qu’on appelle les «équipes de nettoyage de morts solitaires» et explique qu’il nettoie trois à quatre appartements comme celui-ci par semaine durant l’été, les corps se décomposant plus vite.

Hirotsugu Masuda effectue une prière pour honorer la mémoire du défunt. REUTERS/Toru Hanai

Une fois l’appartement nettoyé, les employés effectuent une prière et disposent des encens, des fleurs, et une photo de la personne décédée à l’endroit où elle a été retrouvée. Cette dernière sera souvent enterrée dans des tombes anonymes, leur famille les ayant souvent oubliés.

Yoshie Fukuhara, propriétaire de l'appartement du défunt, apporte des fleurs pour lui rendre hommage. REUTERS/Toru Hanai 

Le site Quartz explique qu’il est difficile de comprendre les raisons de ce phénomène.

«Les chercheurs disent que le terme kodokushi est devenu courant après le tremblement de terre de Hanshin (Kobe) en 1995, quand des milliers de personnes âgées ont été relogées dans des maisons temporaires et que des cas de kodokushi ont été rapportés.»

Mais le gouvernement japonais collecte très peu d’informations sur ce phénomène. 

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