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Et si, en fait, Sufjan Stevens n'avait pas abandonné son «50 States Project»?

Détail de la pochette de «Carrie & Lowell» de Sufjan Stevens

Détail de la pochette de «Carrie & Lowell» de Sufjan Stevens

Au milieu des années 2000, le musicien américain annonçait le projet fou d'enregistrer un album pour chaque Etat américain, qu'on crut ensuite abandonné. Son dernier album, le magnifique et déchirant «Carrie & Lowell», prouve qu'on avait tort: il l'a seulement poursuivi sans nous le dire.

«J'ai peur que cela n'arrive jamais, il va falloir s'y faire», m'a-t-on un jour répondu. Il allait donc falloir se résigner et admettre que ce projet un peu fou, un peu démesuré, mais tellement beau sur le papier, de composer un album pour chacun des Etats des Etats-Unis d'Amérique ne se ferait donc jamais...

Ambition? Inconscience? Sûrement un peu des deux: l'auteur-compositeur-interprète Sufjan Stevens avait lancé cette idée dès 2003 et la sortie de son album Michigan, l'état qui l'a vu naître et où il a passé son enfance, celui, aussi, des salariés laissés sur le carreau de Flint, la ville de General Motors. Deux ans plus tard, et après un album de folk centré sur des interprétations de passages de la Bible (Seven Swans, en 2004), venait l'impressionnant Illinois, l'Etat voisin, dont il égrenait l'imagerie traditionnelle (l'oiseau-mascotte, les fleuves, la capitale, etc...) mais aussi les personnages moins célèbres: l'officier polonais Casimir Pulaski, auquel une journée est dédiée chaque année dans l'Etat, ou le serial killer John Wayne Gacy Jr., à qui il consacrait une chanson bouclée sur un étonnant «I'm really just like him»...

Qu'importe que cela lui prenne une vie entière –ou qu'il n'en vienne jamais à bout–, le natif de Detroit prétendit avoir ainsi débuté son «50 States Project».

Sur le site de son label, co-fondé avec son beau-père Lowell Brams, il est dit que Sufjan Stevens «mélange l'autobiographie, la fantaisie religieuse et l'histoire régionale pour créer des chansons folk de proportions épiques». On ne saurait mieux décrire la musique du beau gosse michigoan, et cela s'applique d'ailleurs particulièrement aux albums inclus dans le projet des 50 Etats: Sufjan, bien conscient de la jeunesse de l'histoire américaine et du patriotisme exacerbé de ses habitants, se passionne pour cette histoire en train de se faire et ce besoin avide d'identité, pour ces fétiches regroupés sous la bannière d'Americana. Ce projet, expliquait-il à Emmanuel Tellier de Télérama en 2006, c'est pour lui «une façon de raconter (s)on pays sous différentes perspectives pour essayer de mieux le comprendre».

Au moment d'Illinois, comme pour Michigan, Sufjan s'est rendu sur place, a passé du temps dans les bibliothèques, lu énormément de livres sur l'immigration dans l'Etat, sur le concept mythique et mystique de Frontière, mais aussi des auteurs locaux comme le prix Nobel de littérature Saul Bellow, cité sur l'album. Pour les tournées qui suivent, il compose même spécialement une theme song, The 50 States Song, jamais publiée sur disque:

«It's a part of the act
The fifty states
Pack up your bags, it's never too late»

Sufjan Stevens en concert, le 27 mai 2006.

Avec seulement deux albums au compteur, la relative folie «50 States Project» semble alors à son apogée et, sur scène, Sufjan reprendra –assez logiquement et de manière très personnelle évidemment– The Star-Spangled Banner, l'hymne américain; comme ici, équipé, au diable les clichés, d'une guitare aux formes du pays d'Abraham Lincoln. «Une nouvelle sorte de patriotisme, un peu dingo», écrira Paste Magazine.

Alors qu'en France, son succès se cantonne aux lecteurs de la presse spécialisée, aux Etats-Unis, ses chansons, ses shows extravagants et ce projet dingo, donc, intriguent et interpellent. MTV gratifiera même ses téléspectateurs d'un court et très... «MTVesque» reportage, «Good luck, Sufjan!».

Sollicité de toute part, adulé par des fans de plus en plus nombreux autant que par les critiques les plus pointus, le prodige est même convié à la Maison Blanche. Il déclinera, de peur d'être «récupéré».

«Gimmick marketing»

Puis la suite se fait attendre...

Ses talents musicaux sont unanimement reconnus, et pourtant, fatigué par ces tournées –où, d'ailleurs, on ne cesse de lui demander quand est-ce qu'il va s'attaquer à la Californie, à l'Ohio, ou au Colorado; oui, pourquoi pas le Colorado, Sufjan?!–, il parle de retourner à son boulot de graphic designer, où, dit-il, il s'était fait un nom; ou d'écrire un roman (il a notamment suivi des cours de «creative writing» à la fac).

Il sort The Avalanche, collection de chutes d'Illinois (comportant notamment trois nouvelles versions de Chicago). Puis, commissionné par la Brooklyn Academy of Music (BAM) pour le 25e anniversaire du Next Wave Festival, il va finir par se remettre au travail. On lui demande de composer un projet sur Brooklyn.

Sufjan va choisir... une portion d'autoroute (?!).

Il se lance ainsi dans de longues heures de travail sur ce qu'il finira par appeler The BQE, du nom de la partie de l'Interstate 278 qui traverse les boroughs de Brooklyn et du Queens.

The BQE (2009)

Malgré les T-shirts «Hang on Suf», nulle trace d'un prochain album sur Hawaï ou la Caroline du Nord. D'après Joseph Melillo, directeur de la BAM, interrogé en 2009 par Paste Magazine, qui s'enquérait régulièrement de l'avancée de sa commande auprès de Stevens, ce dernier «vivait, buvait, dormait BQE». Tant et si bien que lorsqu'il en a eu fini avec la Brooklyn-Queens Expressway, Sufjan ressentit alors un vide, «une sorte de crise existentielle et créative» sans précédent, révélera-t-il. Composer cette symphonie pour cette route, la filmer en long en large et en travers, projet pharaonique s'il en est, l'aura profondément perturbé; le chouchou des hipsters prétend alors ne plus croire en l'album, au format pop d'une chanson...

Dans la foulée, les fans, pas forcément acoutumés aux pourtant splendides pièces instrumentales composées par leur héros (et moyennement prompts à s'enthousiasmer pour une portion d'autoroute), réclament un State album fissa. Les articles proclamant l'abandon pur et simple du 50 States Project bourgeonnent sur Internet, et Sufjan y avoue qu'il s'agissait d'une sorte de plaisanterie et qu'il ne souhaite pas devenir un cliché de lui-même... Une surprise? Dès novembre 2006, Grégory Schneider, journaliste à Libération plus connu pour ses excellentes chroniques sportives, avait rencontré Sufjan Stevens juste avant son concert au Bataclan et ce dernier lui avait alors déjà avoué que son fantastique projet n'était en fait qu'une sorte de «gimmick marketing».

En 2010, comme pour se faire pardonner, Sufjan Stevens nous gratifie d'un EP surprise (All Delighted People, merveille de folk baroque) enchaîné d'un album électronique épique (The Age of Adz), fruit d'une nouvelle crise artistique, existentielle, et physique aussi cette fois, ainsi que d'une rencontre artistique avec un outsider-artist défunt, l'auto-proclamé prophète Royal Robertson.

Certains osent encore réclamer la suite du fameux projet, et enragent qu'on ne harcèlent pas Sufjan sur ce sujet. Au cours d'un dialogue avec l'écrivain allemand Thomas Pletzinger pour le site Bomb Magazine, le chanteur lance:

«L'histoire de ma vie est une histoire de projets à moitié terminés et de livres à moitié lus.»

J'avoue que, de mon côté, il m'est arrivé, puisqu'apparemment l'infâme traître folk michigoan avait tout abandonné, de demander à quelques artistes, français ou étrangers, s'ils étaient partants pour s'occuper des 48 États restants. Je regardais en boucle un passage de ce mystérieux road-movie documentaire de 2006 sur Sufjan et son frère Marzuki, en route vers le Michigan à la recherche de souvenirs, afin de déterminer si le garçon était sérieux ou s'il ne se moquait pas déjà franchement de nous quand il affirmait nonchalamment en confectionnant, à l'aide d'une machine à coudre, les costumes de la tournée Illinois:

«Composer un album pour chacun des 50 États, ça va être un long projet.»


La bande-annonce du film inédit Crooked River

Pendant ce temps, Sufjan Stevens, après Planetarium (2013), un cycle de chansons sur les planètes du système solaire (les 50 états de l'Union, que dis-je, le Monde ne lui suffisent plus ?!...), et un album avec ses amis Serengeti et Son Lux sous le nom Sisyphus, s'attelle à plusieurs projets plus «confidentiels» (la composition de musique pour un ballet, puis pour une sorte de documentaire sur le rodéo), quand soudain...

On nous annonce un nouvel album et un «retour aux sources folk». Forcément, on pense à Illinois et... oui, au maudit PROJET, d'autant que sur les réseaux sociaux, on prétend qu'il serait beaucoup question de l'Oregon sur cet album portant le nom de sa défunte mère et de son beau-père, Carrie & Lowell.


No Shade in the Shadow of The Cross

Un State album devenu album de deuil

Au même moment, suite à mon harcèlem... Hum, qu'importe comment et pourquoi, je reçois un mail inattendu d'un éminent membre d'Asthmatic Kitty Records, le label de Sufjan. Un peu par surprise, cette source très (TRES) proche du dossier, m'écrit et répond à de nombreuses questions que je ne lui avais même pas posées!

Outre quelques considérations sympathiques sur la météo aux Etats-Unis, le charmant monsieur m'affirme notamment que:

«Bien que le nouvel album n'ait pas un nom d'État, et qu'il soit clairement plus sur sa mère que sur tout autre sujet, quand on l'écoute et que l'on lit les paroles, on comprend que d'une certaine façon, C'EST un State album


 

Un brin perturbé, je ne réagis pas immédiatement. Les hordes de fans hardcores, elles, n'ont pas attendu de mail de qui que ce soit et se lancent dans d'a priori fumeuses suppositions, notamment à propos d'une ex-James Bond girl nommée Carey Lowell, mais passons...

Extrêmement fier d'avoir découvert par moi-même que le «meadowlark» cité dans plusieurs chansons, dont le sublime single No Shade in the Shadow of The Cross, est bien la sturnelle de l'Ouest, l'oiseau-mascotte de l'état d'Oregon, je pavoise brièvement, jusqu'à ce que je remarque qu'un commentaire au bas d'un billet de blog pointe du doigt l'essentiel: dans une interview pour le magazine anglais Uncut, que j'ai eu énormément de mal à me procurer (et malheureusement disponible intégralement uniquement sur papier), on apprend que Sufjan, en plein doute face à ses compositions cathartiques (le nouvel album tourne autour de la mort de sa mère en 2012, et il tente d'y faire son deuil), les a amenées à son ami producteur Thomas Bartlett. Ce dernier l'a dissuadé d'en faire un State album et de l'appeler Oregon, ses chansons lui paraissant bien trop personnelles.

Ai-je besoin, du coup, de préciser qu'effectivement, Sufjan cite la «valley of the Dalles», «Spencer’s Butte», «Tillamook», qui sont tous des lieux situés en Oregon? Qu'une des chansons se nomme Eugene, cité de cet état, que les mots «the Oregon Breeze» y sont prononcés, que Sufjan y a passé trois étés chez sa mère ou encore que plusieurs allusions sont faites à une auteure native de l'Oregon, Opal Whiteley?

Le pauvre Sufjan a même, comme pour ses précédents State albums d'ailleurs, passé du temps sur place, ce qui explique pourquoi, sur la pochette de ce disque superbe et déchirant, il précise que des morceaux ont été enregistré dans une chambre d'hotel de Klamath Falls en... OREGON.


 

Mais il y a mieux: au gré de mes recherches, je tombe sur un article du Guardian datant de 2005 (j'ai vérifié dix-huit fois la date environ). On y découvre, au milieu de certaines remarques qui s'avèreront par la suite être des plaisanteries (comme celle selon laquelle il ne consacrerait qu'un single à l'état de Rhode Island en raison de sa petite taille), que Sufjan songeait non seulement sérieusement à poursuivre son «50 States Project», mais qu'en plus, le prochain Etat après l'Illinois avait de grandes chances d'être l'Oregon.

Il y explique calmement les raisons de son choix: outre ses séjours d'enfance, les paysages de l'Etat du castor le fascinent et, selon lui, «la côte de l'Oregon est le paysage le plus glorieux des US. C'est très rocheux mais aussi très sablonneux, et c'est aussi à la fois très agressif et très calme». On apprend aussi, et avec le recul, c'est assez fou, qu'il «a commencé à composer les chansons pour l'Oregon au même moment que celles pour l'Illinois», mais que finalement, l'Illinois l'a emporté car ses chansons étaient plus «épiques» et qu'il voulait «quelque chose de vraiment grand» pour le prochain album du 50 States Project.

Qui sait, peut-être aurons-nous un jour ainsi droit, à l'image de ce que fut The Avalanche pour Illinois, à un album truffé de chutes, de versions alternatives et d'inédits (certainement moins tristes...) composés au début des années 2000, et nommé The Breeze...

Sufjan est d'ailleurs peut-être bel et bien en train d'égrener ses chutes (de la version originelle ou récentes) de Carrie & Lowell / Oregon: sur la tournée qu'il vient de débuter aux Etats-Unis, il vend en édition limitée (25 exemplaires sont disponibles à chaque concert) Epic Fail, un vinyle 45 tours où l'on trouve en face B une chanson inédite nommée Exploding Whale.

Le morceau est une rêverie électro, du Sufjan période autotune circa 2010, aux paroles une fois de plus assez énigmatiques. Mais une amie dont les souvenirs de fac de biologie en milieu aquatique refont parfois surface sans prévenir m'a immédiatement alerté (et avant même que les fans américains ne s'en rendent compte!) pour me signaler que Sufjan faisait certainement référence à la tentative malheureuse de dynamitage d'une baleine, en 1970, sur la plage de la ville de Florence, située... EN OREGON.


Autoroute et pom-pom girls

Dans sa chronique de Carrie & Lowell dans Libération, Johanna Luyssen qualifie de «parfaitement obsessionnels» les amateurs de l'oeuvre sufjanesque. Elle ne croit pas si bien dire: à peine le pot aux roses était-il plus ou moins dévoilé sur Carrie & Lowell et l'Oregon que les supputations les plus fantaisistes allaient bon train. Nul doute que nombreux sont ceux qui zooment frénétiquement sur cette photo pour déchiffrer les intitulés des livres posés sur l'étagère de Sufjan... (On y entr'aperçoit, je crois, des livres sur l'Oregon, l'Arkansas et les States Park).

The BQE, A Film By Sufjan Stevens

Après un échange poli sur Twitter, je commence à vraiment y croire: l'album qui suivit chronologiquement Illinois, The BQE, pourrait bien être le State album (conscient ou non) de l'État de New York. Appuyant frénétiquement sur pause en visionnant le film (visible en intégralité ici) que Sufie a réalisé pour accompagner sa symphonie, j'espère apercevoir un bluebird, le Merlebleu de l'est, State bird de l'Etat de New York, aux abords de la Brooklyn-Queens Expressway... Il paraît qu'il observe lui-même les oiseaux de la fenêtre de son «bureau» de Brooklyn: «I bird-watch...»

Pas de bluebird non plus dans la BD incluse avec le vinyle de The BQE; mais, tiens donc, les trois charmantes Hooper Heroes, également présentes dans le film, viennent de la planète «Subi». Un nom qui n'est pas sans rappeler «Subud», la secte religieuse dont le père et la mère de Sufjan furent adeptes, et à laquelle Sufjan doit son nom. Coïncidence? Je poursuis: à travers les images (filmées par Sufjan lui-même) de buildings (qui rappellent certaines scènes du mythique film Le Rebelle, avec Gary Cooper), de cimetières, de casses automobiles, de déchetteries, plus qu'une vision de Brooklyn et de New York au son d'une symphonie que presque tous les critiques ont comparé à la musique de Gershwin (né à Brooklyn), c'est bien une certaine vision de l'Amérique qu'il nous propose.

De plus, comme pour les autres State albums, il saupoudre le tout de ses propres obsessions: sur cette portion d'autoroute, que certainement il observe avec ses jumelles depuis son «bureau», il impose sa vision de la vilaine route laide et polluée contre les belles, poétiques Hooper Heroes, sortes de pom-pom girls championnes de hula-hoop/majorettes... Cela ne vous rappelle rien?

Eléments géographiques, historiques, personnels, religieux... Tout y est!

Et si vraiment il fallait terminer d'en convaincre certains, je citerais Vincent Théval, dans sa chronique de l'album pour Magic à l'époque:

«On peut déplorer que le New-Yorkais n’ait toujours pas donné de suite à son Fifty States Project, mais en réalité, The BQE est cette suite tant attendue et New York son objet. Sufjan Stevens a simplement cette fois préféré les images aux mots. Elles sont tout aussi parlantes et touchantes.»

«Rien n'est impossible»

Sur Twitter, beaucoup se sont emballés et ont immédiatement associé le disque suivant, The Age Of Adz, à la Louisiane, puisque le disque est un hommage à Royal Robertson, qui a vécu toute sa vie dans cet état du Sud des Etats-Unis.

On ne peut nier que The Age Of Adz est avant tout un album sur les différentes régions endommagées du cerveau de Sufjan Stevens (il souffrit d'une étrange et mystérieuse maladie débilitante avant sa conception). Mais si Sufjan est parvenu à créer malgré cette maladie, cette crise, c'est en puisant dans une autre folie que la sienne, celle de ce prophète auto-proclamé, schizophrène à la vie de débauche après que sa femme Adell l'ait quittée.


Sufjan affirmera régulièrement s'être passionné pour la vie de Royal, dont il avait découvert l'oeuvre par le documentaire MAKE, dont il a d'ailleurs participé à la B.O. Ce que l'on sait moins, c'est que Stevens a, comme pour Illinois par exemple, réellement fait des recherches et enquêté en Louisiane, à Baldwin, où Royal Robertson vivotait dans sa caravane.

Ainsi, dans son compte-rendu du concert de 2011 à l'Olympia pour Télérama, Emmanuel Tellier rappelle:

«Le songwriter, qui consacre un long interlude oral à l'artiste, va jusqu'à parler de lui comme de sa "muse". Et parce qu'il n'est pas homme à faire les choses à moitié, Stevens s'est plongé à fond dans ses créations, sa vision, sa folie douce, son flirt avec l'aliénation. Faisant le voyage jusqu'à Baldwin, Louisiane. Rencontrant ses proches, sa famille, ses rares collectionneurs. Et en allant, sur scène, jusqu'à devenir une sorte de porte-parole (de porte-chansons?) de Royal, dont le nom est d'ailleurs inscrit sur sa guitare électrique.»

Sufjan s'implique, s'immerge, pour comprendre et approcher au plus près de cette folie qui l'a touché lui aussi, comme il tente de comprendre l'Amérique à travers ses lieux, ses traditions, ses êtres, qu'ils soient riches, pauvres, fous, ou sensés et brillants, qu'ils se nomment Royal Robertson, Saul Bellow, Al Capone ou Abraham Lincoln.


Impossible Soul à l'Olympia en 2011

Et comment ne pas prendre pour argent comptant les paroles de la «partie festive» (la plus folle, justement) de l'épique dernière chanson du disque, Impossible Soul:

«Boy, we can do much more together, it's not so impossible!»

Oui, on peut, ce n'est pas si impossible! Il ne reste que 48... NON, 45 états, Sufjan!

Des paroles qui résonnent d'ailleurs avec celles de... cette personne très (TRES TRES) proche du dossier avec qui j'ai échangé de doux mails: car celui-ci m'a également avoué que, même s'il fut un temps question de déléguer, et de proposer à d'autres artistes de se charger de certains états (Sufjan n'agirait alors que comme producteur, comme il le fit pour The Welcome Wagon par le passé), «... [il] ne dirait pas qu'un autre State album est impossible. Rien n'est impossible».

RIEN N'EST IMPOSSIBLE.

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