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Charlie Hebdo contre la loi post-Charlie

Pendant la marche républicaine à Paris, le 11 janvier 2015. REUTERS/Eric Gaillard

Pendant la marche républicaine à Paris, le 11 janvier 2015. REUTERS/Eric Gaillard

Si tout le monde semble d'accord sur le fait qu'une loi sur le renseignement semblait nécessaire –la dernière datait de juillet 1991–, le contenu du projet qui doit être débattu à l'Assemblée nationale à partir du 14 avril est très critiqué par de nombreuses associations et organismes défenseurs des libertés.

Dans la galaxie des opposants, Charlie Hebdo –dont le nom revient souvent lors des débats– s'est montré assez virulent dans son dernier numéro, daté du 8 avril. Dans un article intitulé «Valls se met les espions dans la poche», Laurent Léger –qui était présent lors de l'attaque– raconte que «les agents secrets n'en reviennent pas. Jamais ils n'auront eu autant de pouvoir que sous la gauche»:

«Dans les rangs de [la DGSI] on a sablé le champagne le jour où le gouvernement a présenté sa future loi sur le renseignement. "On se remet au boulot... comme avant!" se marre un agent. Ils le reconnaissent aujourd'hui (mais qui était dupe?), ces officiers de l'antiterrorisme et du contre-espionnage passaient eux aussi leur temps, comme chez les cousins de la DGSE, dans l'illégalité. [...] Mais voilà, cela n'était pas suffisant pour "couvrir" les faits et gestes de ceux qui, dotés d'une casquette d'agent secret, n'en restent pas moins des fonctionnaires de la République œuvrant sur le territoire national. Il faut dire qu'elle était longue la liste des entorses à la loi commises.»

La semaine d'avant, le journal satirique parlait des boîtes noires dans un article intitulé «Minority Report»:

«En mettant le pied dans la détection automatisée [notre gouvernement] ouvre une boîte de Pandore dont il n'a jamais été prouvé qu'elle puisse éviter un attentat terroriste.»

La semaine dernière, c'est Le Monde qui publiait une longue enquête qui racontait les dysfonctionnements de la DGSI, sur l'affaire Charlie:

«Il ne s’agit pas d’assurer que les attentats qui ont fait 17 morts en janvier auraient pu être déjoués mais, au moment où le gouvernement présente un projet de loi attribuant des pleins pouvoirs techniques aux services de renseignement, de mesurer la nature exacte des erreurs commises. Et de remettre en doute la version officielle, servie au lendemain des attentats.»

 

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