Culture / LGBTQ

Le rap gay va bientôt (enfin) devenir mainstream

Temps de lecture : 2 min

Clip de la chanson «Stoner», du rappeur Young Thug.

Dans la série phénomène Empire, l’on suit les turpitudes de la famille Lyon, qui dirige un label consacré au rap et à la soul. Le père, une ancienne gloire du rap, a du mal à accepter l’homosexualité de son fils Jamal. Il lui répétera souvent qu’être homosexuel est un lourd handicap dans leur monde. Ce n’est que grâce à la musique et à son talent que ce dernier réussira à gagner le respect de son père.


Si Empire relève de la fiction, le malaise entourant Lucius et Jamal Lyon souligne une vérité bien réelle: l’homophobie récurrente dans le monde du rap. Le Tumblr hiphophomophobia a relevé de nombreuses phrases anti-gay de rappeurs comme Notorious B.I.G., Tyler The Creator, Soulja Boy, Busta Rhymes, Rohff, Kaaris,…

En 2013, Snoop Dogg déclarait que les rappeurs gays n’étaient pas près d’être acceptés:

«Etre gay est acceptable dans le monde de la musique, mais je ne sais pas si ça le sera dans le monde du rap parce que le rap est très masculin. C'est comme lorsque l'on fait partie d'une équipe de football. Vous ne pouvez pas être dans un vestiaire remplis de putains de grosses brutes bien baraquées et dire soudainement “Hey mec, je t'aime bien”. Ça sera dur.»

Il ajoutait:

«Je n’ai pas de problèmes avec les gays. J’ai des amis gays.»

Mais selon Gawker, ce monde serait en train de changer et les rappeurs homosexuels, longtemps cantonnés à des labels indépendants, pourraient enfin devenir mainstream.

Gawker cite l’exemple du protégé de Drake, ILoveMakonnen, future star qui n’a pas affiché clairement son homosexualité mais laisse beaucoup de place aux suppositions. Il a déclaré il y a quelques jours au New York Times:

«Je ne veux pas dire que je suis gay, ou hétéro, ou bisexuel, ou rien de tout ça, parce que... Qui ça intéresse? Tout cela ne fait que nous diviser.»

Young Thug, qui est régulièrement entré dans des Top 40 musicaux, n’a pas non plus revendiqué son homosexualité supposée. Mais comme le note Gawker, «il semble prendre du plaisir à mettre à mal la masculinité» habituelle des rappeurs, que ce soit dans ses chansons où dans l’image qu’il renvoie: il utilise sur Instagram des «mon amour» pour parler d’autres hommes, y compris des rappeurs, porte parfois des vêtements féminins ou du vernis à ongles.

Me and my love @birdman5star gone on lil bitty bitch...!!! PHOTO BY: @thefader

Une photo publiée par Young Thug (@thuggerthugger1) le


Pour Gawker, ILoveMakonnen, Young Thug et d’autres de leur trempe «poussent le rap vers un futur où un rappeur ouvertement gay sera accepté» et naturellement «absorbé» dans la culture populaire du rap.

En se jouant des codes du milieu, en les déformant et en les remaniant, ILoveMakonnen et Young Thug montrent la voie du mainstream aux prochains rappeurs ouvertement homosexuels.

Slate.fr

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