Monde

Le meurtre de Walter Scott symbolise le cauchemar de tous les noirs américains à propos des policiers blancs

Temps de lecture : 2 min

Les noirs américains vivent au quotidien avec la peur d’être arrêtés par la police, sans motif valable, tués, puis victimes d'un coup monté.

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Image extraite de la vidéo montrant le meurtre de Walter Scott par un policier.

Un policier de Caroline du Sud, aux Etats-Unis, vient d’être inculpé pour le meurtre de Walter Scott, un jeune noir qui n’était pas armé. Ce dernier, après une confrontation avec le policier à cause d’un feu de son véhicule hors d’usage, a tenté de fuir. Le policier a répliqué en lui tirant à huit reprises dans le dos. Walter Scott mourra peu de temps après. C’est grâce à une vidéo d'un témoin, montrant très précisément l’altercation, que le policier a pu être inculpé. On y voit l’agent déposer son Taser près du corps de la victime, afin de se défendre en affirmant que le jeune homme le lui avait volé.

The Daily Beast explique que ce drame fait écho à de nombreux autres (à Ferguson, à New York ou à Cleveland). A chaque fois, il s’agit d’un usage d'une arme à feu pour un délit mineur, à chaque fois la victime n’était pas armée, et à chaque fois le policier a dit avoir eu peur pour sa vie. C’est en revanche la première fois que l’agent est immédiatement mis en accusation.

Ce nouveau meurtre, et la tentative de mise en scène avec le Taser, symbolise selon le site d’information le véritable «cauchemar des noirs américains», c’est-à-dire «être tué, puis être victime d’un coup monté».

Depuis les affaires Michael Brown ou Eric Garner, les noirs américains ne le cachent plus: ils ont peur de la police, en particulier des policiers blancs. Nikole Hannah-Jones, journaliste noire du site Pro Publica, expliquait début mars que beaucoup de noirs ne «peuvent pas, fondamentalement, faire confiance aux personnes chargées de [leur] sécurité».

C’est notamment pour cela qu’ils sont nombreux à ne pas appeler la police s’ils sont témoins de coups de feu, par peur de ce que la police pourrait leur faire une fois sur place en les prenant pour les suspects.

Nikole Hannah-Jones raconte aussi l’histoire de son voisin, un professeur de l’université de Pennsylvanie interpellé par la police avec son fils qu’il accompagnait à un match de football américain. La raison: il «correspondait» à la description du suspect alors recherché. «Des histoires comme ça dans la communauté noire sont si omniprésentes qu’on ne les remarque plus», note la journaliste.

L’assassinat de Walter Scott a rappelé à d’autres un épisode du Prince de Bel-Air où Jazz, l’ami de Will Smith, refuse de baisser les bras devant un policier blanc, par peur de recevoir «6 balles dans le dos».

Cet épisode, diffusé il y a plus de 20 ans, est malheureusement toujours d’actualité.


Slate.fr

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