Partager cet article

Les habitants des quartiers défavorisés sont ausi discriminés en ligne

Česká republika : Brno, 14h53 : Nezamyslova / Czech Republic / (vincent desjardins) via Flickr CC License By

Česká republika : Brno, 14h53 : Nezamyslova / Czech Republic / (vincent desjardins) via Flickr CC License By

Il existe beaucoup de recherches sur les discriminations à l’emploi, au logement, à l’éducation, dont sont victimes les habitants de quartiers déshérités, sans compter le taux de criminalité plus élevé.

Selon une étude de chercheurs de la New York University, le stigmate attaché au fait d’habiter un quartier pauvre à mauvaise réputation peut désavantager les habitants de ces quartiers même pour des tâches aussi anodines que vendre un téléphone d’occasion sur Internet.

Les chercheurs, détaille le Washington Post, ont posté sur un site de petites annonces plus de 600 annonces similaires de vente d’iPhone dans douze villes américaines pendant un an, dans des quartiers réputés sensibles et d’autres plus aisés. Et ont pu constater que quand le vendeur fictif affichait son adresse dans un tel quartier, il recevait 16% de réponses en moins. Un effet renforcé dans le cas de quartiers pauvres habités en majorité par des noirs.

Pour le Washington Post, ce résultat «suggère que l’endroit où vous résidez dans le monde réel compte aussi en ligne –en particulier si ce lieu évoque des connotations négatives» liées à l’origine ethnique et à la pauvreté. Peu importe d’ailleurs que les motivations de l’acheteur potentiel soient «explicables», comme la peur de se faire voler son téléphone dans un quartier où la fréquence des délits est élevée: en bout de chaîne, le résultat pour le vendeur est le même...

Comme le souligne la journaliste Emily Badger dans l’article, «nous aimons penser qu’Internet pourrait égaliser, effacer la distance entre les communautés ségréguées spatialement dans le monde réel, que cet anonymat peut surpasser les différences de race et de classe sociale». L’expérience semble démentir ces espoirs.

Nous avions en 2013 relaté un article de la même journaliste qui se penchait sur la manière dont la surcouche de données numériques pouvait renforcer les inégalités géographiques.

Tokyo est par exemple plus «densément peuplée» d'informations numériques que tout le continent africain. Comme il existait des no man’s land sur les cartes des explorateurs, il existe sur Internet des terres vierges de données géolocalisées: des lieux qui ne sont pas représentés sur Internet et risquent d'être marginalisés.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte