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Les Etats-Unis ont traqué des milliards d'appels de leurs citoyens bien avant le 11-Septembre

Des agents de la DEA présentent à la presse les 1.280 kilogrammes de cocaïne qu'ils ont saisie lors d'un contrôle, le 6 mai 2014. REUTERS/Ana Martinez

Des agents de la DEA présentent à la presse les 1.280 kilogrammes de cocaïne qu'ils ont saisie lors d'un contrôle, le 6 mai 2014. REUTERS/Ana Martinez

Le gouvernement américain avait commencé à collecter des informations sur une partie de ses citoyens bien avant les attentats du 11-Septembre. USA Today a publié une longue enquête qui explique comment la Drug Enforcement Agency (DEA), qui s'occupe de l'application des lois sur les stupéfiants, a amassé pendant plus de deux décennies «des milliards d'appels dans un programme qui a servi de plan pour un autre programme plus large mis en place par la NSA, un peu plus tard».

On savait jusque-là que l'agence de lutte contre les stupéfiants avait amassé des données sur des appels émis vers l'étranger, mais on ne connaissait pas son ampleur.

Selon les sources du quotidien américain, ce ne sont pas les appels émis sur le territoire américain qui étaient visés, mais ceux entre des personnes présentes aux Etats-Unis et d'autres dans 116 pays liés au trafic de drogue.

USA Today explique que, comme pour le programme de la NSA, les contenus des communications n'étaient pas connus mais les agents pouvaient connaître les numéros composés et quand, ce qui leur a permis «de cartographier les communications des suspects et de les relier aux masses de données des autres services de police et de renseignement».

USA Today révèle par ailleurs que ce programme n'a pas été utilisé seulement pour des questions de stupéfiants. 

«Ils l'ont également utilisé pour écarter des liens étrangers lors de l'attentat d'Oklahoma City en 1995, et pour identifier des suspects américains dans un large éventail d'autres enquêtes.»

Pour l'instant, seul un opérateur, Sprint, est officiellement cité comme ayant fourni les données de ses clients, mais les sources USA Today laissent entendre que d'autres comme AT&T l'ont également fait, ce que l'entreprise n'a pas souhaité commenter.

Ce programme a été lancé par l'administration Bush (père) en 1992, pour lutter contre les cartels. Eric Holder, l'ancien procureur général des Etats-Unis, y a mis fin en septembre 2013, alors que l'autre programme de surveillance de masse mis en place par la NSA venait d'être révélé par Edward Snowden.

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