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Les femmes sont moins enclines au meurtre que les hommes, même s'il s'agissait de tuer Hitler

Adolf Hitler sortant d'une réunion du Parti nazi en 1931 par Recuerdos de Pandora Licence by

Adolf Hitler sortant d'une réunion du Parti nazi en 1931 par Recuerdos de Pandora Licence by

Et si on refaisait l'histoire, tueriez-vous Hitler si vous en aviez l'occasion? D'après une équipe composée de chercheurs allemands, canadiens et américais, la réponse serait plutôt oui si vous êtes un homme, et plutôt non si vous êtes une femme.

L'étude réalisée sur plus de 6.100 personnes et publiée dans le Personality and Social Psychology Bulletin repose sur un questionnaire portant sur la fameuse question: la fin justifie-t-elle les moyens? Faut-il mentir pour préserver la sécurité d'une nation? Peut-on utiliser la torture, comme dans le film Zéro Dark Thirty, pour trouver des terroristes? etc.

«Les femmes semblent avoir plus de chance d'avoir intuitivement une réaction négative face au dilemme de blesser ou non quelqu'un, tandis que les hommes auraient moins de chance d'exprimer cette forte réaction émotionnelle», a expliqué à NPR Rebecca Friesford, une universitaire canadienne qui a co-écrit l'étude.

Les femmes croient en Kant, les hommes dans l'homo œconomicus

Cela signifie-t-il que les femmes sont moins rationnelles? Non, répondent les scientifiques repris dans The Independent. Si, d'après une étude allemande publiée par PlosOne en 2013, les femmes sont plus à même de distinguer une émotion que les hommes, les scientifiques expliquent que les deux sexes font en réalité intervenir deux rationalités différentes lors du processus de décision.

Deux théories philosophiques sont sollicitées pour prendre des décisions. La première, portée par le philosophe allemand Emmanuel Kant, est dite «déontologique», elle pose qu'en tout lieu et temps, il est interdit de mentir, de tuer ou de torturer et de se détourner de la morale, la fin ne justifiant jamais les moyens. La seconde est dite «utilitariste». Proche de la théorie de l'homo œconomicus initiée par John Stuart Mill, elle pousse à avoir le meilleur résultat possible sur le long terme, quitte à prendre, sur le moment, des décisions pouvant être contraires à l'éthique.

«Nos découvertes suggèrent que les femmes ont une plus grande aversion à blesser que les hommes. Pour autant, hommes et femmes engagent un même niveau de rationalité à propos des conséquences de cette action. Cette étude confirme que les femmes montrent plus d'empathie envers la souffrance des autres que les hommes, même si les différences cognitives entre hommes et femmes sont petites, voire inexistantes», explique Rebecca Friesdord reprise par Science Daily.

Pour les hommes, utilitaires, le «bien commun» pourrait justifier un meurtre pour sauver deux personnes. Pour les femmes, un tel choix serait contraire à leur «morale». De ce fait, elles prendraient plus difficilement cette décision.

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