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Aux Etats-Unis, contrairement à la France, plus on est riche, plus on dort

Insomnia / Benjamin Watson via Flickr CC License by.

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Mais dans les deux pays, plus on est pauvre, plus on dort mal.

Aux Etats-Unis, plus on est riche, plus on dort. Telle est la conclusion lapidaire qu'on peut tirer de chiffres que vient de publier le Centers for Disease Control and Prevention, un organisme public américain, qui s'est intéressé à la quantité de sommeil selon le niveau de revenus. Selon ses chiffres, moins des deux-tiers des personnes vivant sous le seuil de pauvreté fédéral –23.550 dollars (21.400 euros) annuels pour un ménage de quatre personnes– affirment dormir plus de six heures par nuit, soit dix points de moins que les personnes affichant un niveau de revenus au moins quatre fois supérieur.

Le Washington Post, qui relaie ces résultats, estime qu'ils peuvent notamment s'expliquer par le fait que les membres des ménages les pauvres ont souvent plusieurs emplois afin de joindre les deux bouts. Et il rappelle qu'il s'agit d'un vrai problème de santé publique aux Etats-Unis, citant, là encore, les conclusions du CDC, selon lesquelles un sommeil insuffisant peut être lié à des affections comme l'hypertension, le diabète... L'an dernier, le CDC avait d'ailleurs plus généralement pointé la relation entre troubles du sommeil et faibles revenus.

Ces résultats divergent partiellement de ceux relevés en France. Lors d'une enquête «Emploi du temps» publiée en 2012 par l'Insee, on apprenait que le temps moyen de sommeil par jour est de 542 minutes (9 heures) dans le décile de population aux revenus les plus faibles et décroît progressivement pour atteindre 494 minutes (8 heures et quart) dans le décile supérieur. Interrogé par Atlantico, l'expert en sommeil Bruno Comby expliquait alors «qu'en France, la durée du travail est beaucoup plus encadrée. La durée allongée de travail générant une carence de sommeil concerne donc en priorité les chefs d'entreprise et les cadres supérieurs».

En revanche, une étude de l'Inpes de 2012 consacrée à la «prévalence et [aux] facteurs sociodémographiques associés à l’insomnie et au temps de sommeil en France», menée auprès de 28.000 personnes, pointait elle le lien entre faibles revenus et troubles du sommeil. 47,4% des personnes interrogées y faisaient état de troubles du sommeil au cours des huit jours précédant l'enquête, mais l'écart entre le plus bas quintile de revenus (50,7%) et le plus haut (45,4%) y était supérieur à cinq points. Le taux de troubles du sommeil était quatre points plus élevé chez les chômeurs que chez les actifs occupés. Enfin, le taux d'insomnie chronique était deux à trois fois plus élevé chez les individus faisant état d'une situation financière difficile par rapport à ceux faisant état d'une situation financière satisfaisante.

Les chercheurs concluaient que «la part d’insomnie chronique apparaît très liée à la souffrance psychique, à des situations de précarité, ainsi qu’à certains événements de vie difficiles» et pointaient par ailleurs que les travailleurs de nuit subissent un décalage de leur horloge biologique.

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