Partager cet article

«Homeland»: les vraies agentes de la CIA sont bien contentes que Carrie Mathison ne soit plus leur collègue

La CIA veut montrer au public que ses agentes ne sont pas comme Carrie Mathison, le personnage interprété par Claire Danes dans la série Homeland. L'agence de renseignement américaine a donc autorisé la chroniqueuse du New York Times Maureen Dowd à interviewer ses employées pour parler de la représentation de leur travail au cinéma et à la télévision.

«Les femmes de la CIA en ont assez de tous ces films et séries qui montrent des agentes qui boivent et couchent à droite à gauche, guident des drones, sont instables psychologiquement, couchent avec des terroristes et séduisent leurs sources», écrit Maureen Dowd.

Son article est titré «Bon débarras, Carrie Mathison»: en effet, le créateur de la série, Alex Gansa, a récemment annoncé que dans la saison 5, Carrie ne travaillerait plus à la CIA. 

L'agence, qui est sur Twitter depuis juin 2014, a aussitôt tweeté l'article du New York Times.

Au même moment, une autre série américaine utilise des clichés similaires: dès le premier épisode de State of Affairs, l'actrice Katherine Heigl, qui joue une analyste de la CIA, se saoûle, couche avec un inconnu et s'énerve contre son psy.

Au sujet des liens entre sexe et espionnage, une ancienne agente au Moyen-Orient explique au New York Times:

«Il faut être très claire dès le départ. Parfois, c'est du genre: enlève ta main de mon genou, sinon je vais la casser. Ou il faut qu'il y ait un maximum de personnes présentes dans la salle.»

Une autre agente interviewée regrette que les actrices utilisées pour ces rôles soient toutes des «mannequins avec des fringues moulantes».

Ces professionnelles du renseignement ont malgré tout quelque chose en commun avec l'héroïne de Homeland: la difficulté à trouver un équilibre entre travail et vie privée.

Gina Bennett, qui a passé vingt-cinq ans à la CIA, raconte avoir briefé Condoleezza Rice (alors secrétaire d'Etat) sur le djihadisme pendant qu'elle avait des contractions. Une autre agente évoque son divorce et la difficulté à gérer le contraste entre problèmes familiaux quotidiens et lutte contre le terrorisme.

«Je m'occupe de gens qui veulent massacrer d'autres gens... alors c'est parfois difficile de se sentir concernée par les problèmes mineurs de mes enfants adolescents.»

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte