Ô rage, ô désespoir, j'ai perdu 10 milliards

Slate.fr, mis à jour le 13.03.2009 à 17 h 37

Les alexandrins de Soliste

Le commentaire envoyé par Soliste, un internaute très inspiré par notre lien Les milliardaires s'appauvrissent et par le printemps des poètes.

 

Ô rage, ô désespoir, j'ai perdu 10 milliards !

Blessé «à l'os du cœur», tristesse, je broie du noir.

Que me voila bien pauvre, ma fortune a baissé.

C'est la faute à Madoff. Lui, il m'a BIEN baisé.


J'ai paumé plein de fric, d'oseille et de pognon,

Disons la vérité, j'ai été un pigeon !

Mais il m'en reste encore ! Oui, hélas, mais si peu !

100 milliards de dollars. Que je suis malheureux !


Bon, arrêtons de pleurer, il me faut me refaire !

Quelques licenciements, par milliers, bonne affaire !

Tous ces gueux, salariés, qui me coutent si cher,

Il me faut, par mon or, sur le champ, m'en défaire !


Je vais récupérer tout mon fric envolé,

Et ces petits smicards, moi, je vais les niquer.

L'an prochain, c'est juré, croix de bois, crois de fer,

Au palmarès de Forbes, je serai, sans manière,


Le héros, le vainqueur, celui qui a gagné.

Au cartel des richards, je serai le premier.

Pauvres, chômeurs, suicidés ? Allons, allons, qu'importe !

L'essentiel dans MA vie, c'est comment je ME porte.


La solidarité, mais c'est à sens unique,

Car les gens de pouvoir aiment jouer de la trique

Mais regardez ces peuples, tous ces petits idiots,

Qui adorent voter pour les joueurs de pipeau.


Faut-il donc s'étonner que toujours on s'amuse

De ces honnêtes niais aimant qu'on les abuse.

 

 

Slate.fr
Slate.fr (9124 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte