Personne ne veut des Jeux Olympiques d'hiver 2022, sauf Pékin et le Kazakhstan

Logo détourné des Jeux Olympiques / Yaokcool via Flickr CC License By

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Munich, Davos, Oslo, et maintenant Cracovie. Toutes ces villes étaient prêtes à recevoir les Jeux Olympiques d’hiver 2022, mais ont finalement renoncé. Pour le site Deadspin, c’est clair: «personne ne veut accueillir» ces JO.

Lundi, la Pologne a abandonné l’idée de faire de Cracovie la ville d’accueil des Jeux Olympiques de 2022. En cause, un referendum qui a rejeté à presque 70% cette candidature

En mars 2013, c’est en Suisse que les habitants du canton des Grisons avaient dit non aux JO, et en novembre, les Bavarois ont eux aussi rejeté la possible candidature de Munich, avant même que ces deux villes ne se présentent officiellement. Stockholm a abandonné en cours de route: le parti modéré, au pouvoir, refuse de financer. 

Quant à Oslo, en Norvège, sa candidature semble fragile, explique Deadpin. L’opinion publique s’oppose de plus en plus à ce projet, et le Parti du progrès a récemment voté contre son financement. Et pas la peine de souligner que la candidature de Lviv n’est pas la priorité des Ukrainiens en ce moment.

Ainsi, sur les six candidats officiels, seuls deux pourront potentiellement décrocher le droit d’accueillir les Jeux en 2022: Pékin, ou Almaty, au Kazakhstan. Pourquoi les autres pays sont-ils aussi réticents?

Le coût exorbitant pour financer un tel événement semble repousser pas mal de villes. Malgré des promesses de «retombées économiques» selon le Comité International Olympique, la vérité s’avère toute autre, assure Business Insider:

«Pendant des années, candidater pour les JO a été justifié par un énorme mensonge économique: investir dans l’accueil des Jeux Olympiques permettra une croissance économique à long terme. Ce n’est pas vrai.»

Le blog éco-sport du Monde donne l’exemple de Londres: la capitale anglaise a dépensé 8,92 milliards de livres sterling (près de 11 milliards d’euros) pour des recettes globales qui se sont élevées à… 2,1 milliards (environ 2,5 milliards d’euros). Sotchi détient le record des Jeux les plus chers, avec plus de 50 milliards d’investissement. Pour quelles retombées économiques?

Organiser des Jeux olympiques nécessite en effet de construire des infrastructures énormes, qui bien souvent ne sont utilisées que pendant quelques semaines avant d’être laissées à l’abandon. C’est notamment l’argument du parti modéré en Suède.

Côté citoyens, à Munich en tout cas, on critique également le rôle du CIO, comme l’expliquait Ludwig Hartmann, avocat du parti écologiste, après le referendum:

«Ce vote n’est pas un signal contre le sport, mais contre le manque de transparence et la course au profit du CIO […] Je pense que toute candidature de l’Allemagne aux JO est maintenant hors de question. Le CIO doit d’abord changer. Ce n’est pas aux villes d’accueil de s’adapter au CIO, c’est au CIO de s’adapter aux villes d’accueil.»

Les JO sont-ils donc condamnés à disparaître, faute de ville hôte? Certainement pas, ou du moins pas encore. Certains pays se battent toujours pour obtenir les JO, à l’image de Pékin.

Deadspin fait remarquer que «quand les citoyens ont leur mot à dire sur les JO, ils disent non». Un raisonnement proche de celui de Business Insider qui assure que «les pays, au moins les démocraties, ne gobent plus l’argument des retombées économiques» des Jeux:

«Par conséquent, nous pourrions bien rentrer dans une ère où seuls les gouvernements non démocratiques veulent accueillir les JO.»

 Quant à Jean-Pascal Gayant, sur le blog du Monde, sa conclusion est simple:

«Soyons sérieux, les Jeux sont désormais un luxe de pays émergent à forte croissance ou un caprice d’autocrate mégalomane. Que les dieux de l’Olympe nous préservent de Paris 2024!»

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