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Sepp Blatter en est sûr: le Mondial au Brésil va bien se passer. C'est Dieu et le Pape qui le lui ont dit

Grégoire Fleurot, mis à jour le 02.05.2014 à 14 h 33

Sepp Blatter le 29 juillet 2011 à Rio, REUTERS/Ricardo Moraes

Sepp Blatter le 29 juillet 2011 à Rio, REUTERS/Ricardo Moraes

Décidément, la question des problèmes sociaux que connaît le Brésil et des possibles manifestations qui pourraient avoir lieu dans le pays pendant la Coupe du monde qui va s'y dérouler dans un peu plus d'un mois inspire des réponses bien étranges de la part des dirigeants du football mondial. Le 26 avril, le président de l'UEFA Michel Platini avait exhorté le Brésil à se calmer et à faire «un effort pendant un mois»:

«Il faut dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde et qu’ils sont là pour montrer la beauté de leur pays et leur passion pour leur football. S’ils peuvent attendre au moins un mois avant de faire des éclats sociaux, ça serait bien pour l’ensemble du Brésil et la planète football.»

Dans une interview moins médiatisée, Sepp Blatter a donné mardi 29 avril son avis sur la question à l'agence d'information pour dirigeants News Tank Football. Si son intervention fait preuve de moins «d'inconscience, de condescendance et de cynisme» que celle de son homologue de l'UEFA, elle n'en est pas moins étonnantes venant du patron de la plus puissante fédération sportive du monde (et aussi l'une des plus corrompues), qui semble vivre dans un autre monde fait d'amour et de fraternité où les problèmes n'existent pas (il avait déclaré en 2011 qu'il n'y avait pas de racisme dans le football).

A la question «avez-vous des craintes pour la Coupe du monde 2014?», Blatter répond:

«Non, non! Organiser une Coupe du monde est toujours un défi, car cela engage la responsabilité de la Fifa, mais c’est un grand plaisir et même une joie d’aller au Brésil pour la Coupe du monde de la Fifa. C’est une joie qui vient du cœur, on va là-bas avec un positivisme [sic] formidable. Et s’il y en a qui ne sont pas contents, que voulez-vous, on ne peut pas contenter tout le monde.»

Et si le président de la Fifa sait à l'avance qu'il n'y aura pas d'encombrants Brésiliens en manque de services publics pour gâcher le Mondial, c'est parce qu'il a des amis très haut placés qui en savent quelque chose:

«Vous savez, je parle avec le bon dieu de temps en temps, mais maintenant, il me dit: “Tu peux appeler directement le Pape Francesco” (le pape François, que Joseph Blatter a rencontré au Vatican, le 22/11/2013). Avec le Pape Francesco, nous avons de bons contacts, je parle en espagnol, il donne toute sa bénédiction pour la Coupe du monde et on va faire voler une colombe blanche pour la paix avant le match d’ouverture. Il m’a dit que la meilleure chose à faire serait de planter un olivier au milieu du terrain. Je lui ai dit que ce n’était pas possible, mais ce qu’on peut faire, c’est faire voler une colombe.»

Sur le risque de manifestations semblables à celles qui avaient émaillé en 2013 la Coupe des confédérations, traditionnelle compétition de répétition pour l'organisateur d'une Coupe du monde un an avant l'échéance, Blatter répond:

«L’an passé, personne ne s’attendait à ces manifestations. Maintenant, le gouvernement brésilien est quand même averti.»

Traduction: les forces de l'ordre sauront réprimer toute velléité de protestation pendant la grande fête du football. 

A la tête de la Fifa depuis 1998, Sepp Blatter (77 ans) ne cache pas son envie de se présenter à sa propre succession en 2015.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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