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Pic de pollution: évitez de faire du sport ce week-end!

Grégoire Fleurot, mis à jour le 14.03.2014 à 18 h 06

Des athlètes lors d'une session d'entraînement pour les Jeux olympiques le 4 août 2008 à Pékin, REUTERS/Darren Whiteside

Des athlètes lors d'une session d'entraînement pour les Jeux olympiques le 4 août 2008 à Pékin, REUTERS/Darren Whiteside

Si vous comptiez faire du sport ce week-end à Paris, Caen, Grenoble ou dans un des trente départements placés en alerte maximale à la pollution aux particules fines, vous devriez y réfléchir à deux fois, même si vous ne souffrez d'aucun problème respiratoire ou cardiaque.

«Il ne faut pas faire du sport à l’extérieur (jogging, vélos, marche active…) afin d’éviter de s’ouvrir les bronches et de trop s’exposer à ces pollutions» explique le docteur Pierrick Hordé, allergologue et directeur du site Sante-medecine.net, sur 20Minutes.fr. Dans les colonnes de Libération, le professeur Jocelyne Just, qui dirige le centre de l’asthme et des allergies pour enfant à l’hôpital Trousseau, abonde:

«Quand le niveau d’alerte est déclenché [...] surtout, ne pas faire de sport à l’extérieur (particulièrement courir). Que vous soyez asthmatique ou non d’ailleurs. Des études ont montré que même chez un sujet sain, ces particules inhalées en grande quantité peuvent entraîner une inflammation pulmonaire. Quand on court, on accélère l’activité respiratoire et donc la fréquence à laquelle on inhale l’air extérieur et les particules fines qui vont avec… Les enfants, surtout les plus jeunes, sont encore plus touchés car justement ils respirent plus vite que les adultes.»

A vos risques et périls

Les consignes de la Direction générale de la santé pour la population générale en cas de dépassement du seuil d'alerte vont dans le même sens:

«Réduisez et reportez les activités physiques et sportives intenses, en plein air ou en intérieur jusqu’à la fin de l’épisode si des symptômes sont ressentis (fatigue inhabituelle, mal de gorge, nez bouché, toux, essoufflement, sifflements, palpitations), et prenez conseil auprès de votre médecin.»

Le message est assez clair: si vous voulez faire du sport ce week-end dans une région touchée par le pic de pollution, c'est à vos risques et périls. Pourtant, ces mises en garde unanimes ne sont suivies d'aucun effet au niveau des instances qui organisent les compétitions sportives. 

Ce week-end sera comme tous les autres. Les milliers de matchs de football, de tennis ou encore de rugby prévus à travers le pays, qu'il s'agisse de France-Irlande au stade de France ou d'un match anonyme de district au fin fond de l'Eure-et-Loire, se dérouleront comme si de rien n'était. Seul signe de changement: certains clubs de foot professionnels ont réduit ou décalé quelques entraînements dans les équipes de jeunes cette semaine.

Du côté du ministère des Sports ou de la Fédération française de football, aucune mesure particulière de sensibilisation des sportifs, encore moins de report de compétitions, n'est prévue, contrairement à l'Education nationale par exemple qui a relayé les recommandations du Haut conseil de la santé publique auprès des recteurs et qui a déjà par le passé interdit l'activité physique dans les écoles lors d'épisodes de pollution.

Déclarer forfait ou changer de programme

Les sportifs amateurs voulant éviter tout risque de crise d'asthme, d'infection pulmonaire ou de problème cardiaque n'auront pas le choix: ils devront déclarer forfait. Pour ceux qui ont la possibilité de modifier l'heure et l'endroit de leur activité sportive, comme les joggeurs, il est possible d'atténuer les risques en choisissant un lieu éloigné des axes de transport à fort trafic, en évitant de faire du sport pendant les heures de pointe et les efforts trop intenses. Evitez-donc d'aller courir sur un des nombreux stades qui bordent le périphérique parisien vendredi soir à 19h.

Sur le plus long terme, la question est un peu plus complexe. Les études effectuées sur le transport actif (à vélo ou à pied) montrent que les bénéfices d'une activité physique quotidienne dépassent les risques comme la pollution de l'air ou les blessures.

La question du sport dans un environnement pollué avait dominé les préparatifs des Jeux olympiques de Pékin en 2008. La commission médicale du Comité international olympique avait estimé que la pollution de l'air pouvait constituer un risque pour la santé des athlètes participant aux épreuves d'endurance en extérieur. Plusieurs pays ont fait arriver leurs athlètes aussi tard que possible sur place pour réduire l'exposition, tandis que plusieurs équipes nationales ont basé leur camp d'entraînement au Japon ou en Corée du Sud pour éviter la pollution. Le coureur de fond éthiopien Haile Gebreselassie avait déclaré forfait pour le marathon à cause de son asthme. 

Grégoire Fleurot

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