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Foot: la France, un des championnats les plus égalitaires du monde (pour le moment)

Grégoire Fleurot, mis à jour le 27.02.2014 à 10 h 49

Les joueurs du PSG avec le trophée de champion de Ligue 1 le 18 mai 2014 à Paris, REUTERS/Gonzalo Fuentes

Les joueurs du PSG avec le trophée de champion de Ligue 1 le 18 mai 2014 à Paris, REUTERS/Gonzalo Fuentes

Avec l'arrivée annoncée des règles du fair-play financier défendues par le président de l'UEFA Michel Platini, un mot est sur toutes les lèvres dans le football européen: l'équité sportive. Avec les investissements pharaoniques effectués par des oligarques russes ou des familles royales du Golfe à Chelsea, Manchester City, le Paris Saint-Germain et aujourd'hui Monaco, beaucoup s'inquiètent que le football soit devenu un sport où l'argent achète les victoires et où une poignée de clubs richissimes se partage tous les trophées pendant que le reste tente tant bien que mal de survivre sportivement et financièrement.

Mais les inégalités dans le football sont-elles si nouvelles que cela? Un récent billet posté par le blogueur Evan Van Ness apporte un éclairage intéressant sur la question. Van Ness a rassemblé les données des vainqueurs des grands championnats nationaux depuis leur lancement dans des camemberts pour voir si les palmarès «reflètent des inégalités sociales».

Ses résultats montrent que les championnats se divisent en deux catégories. D'un côté, les pays très inégalitaires. En Italie, 70% des titres ont été remportés par deux villes (Milan et Turin). En Espagne, le FC Barcelone et le Real Madrid ont gagné deux tiers des titres tandis qu'en Allemagne, le Bayern a gagné à lui tout seul 45% des championnats.


Source: Evan Van Ness

Dans certains pays, la domination des puissants est encore plus marquée. Au Portugal, seules cinq équipes ont gagné le championnat, et trois d'entre elles se partagent 98% des titres historiques. On retrouve des schémas comparables en Grèce et en Turquie.

Source: Evan Van Ness

De l'autre côté, quelques championnats ont un palmarès beaucoup plus égalitaire, réparti entre un grand nombre d'équipes sans être dominé outrageusement par certaines d'entre elles. On retrouve dans cette catégorie la France, où le recordman Saint-Etienne n'a gagné «que» 13,5% des titres, ou encore le Brésil.  

Source: Evan Van Ness

Plus étonnant, l'Angleterre fait aussi parti des championnats ouverts. Cet égalitarisme apparent masque en fait deux périodes bien distinctes: si entre 1888 et 1993 l'identité du champion a souvent changé, il n'a été remporté depuis l'avènement de la Premier League que par 5 équipes, dont Manchester United qui a gagné plus de la moitié des titres sur cette période.

Bien sûr, ces statistiques ne changent rien au fait qu'au football, l'argent achète le succès (Chelsea, Manchester City et le PSG en sont les exemples évidents). Et Michel Platini n'est sans doute pas très loin de la réalité quand il prédit que le PSG va être champion pendant 10 ans en France. Mais elles remettent en perspective la domination actuelle de certains clubs dans leur pays, et permettent de garder à l'esprit que le phénomène n'est pas nouveau.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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