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Contrôle de Renaud Lavillenie: non, les règles antidopage françaises ne sont pas sexistes

Grégoire Fleurot, mis à jour le 28.01.2014 à 16 h 35

Renaud Lavillenie après sa victoire aux Jeux olympiques de Londres le 10 août 2012, REUTERS/Mark Blinch

Renaud Lavillenie après sa victoire aux Jeux olympiques de Londres le 10 août 2012, REUTERS/Mark Blinch

Un tweet énigmatique du champion olympique en titre de saut à la perche Renaud Lavillenie a semé le doute chez les fans de sport ce mardi 28 janvier. Le Clermontois, qui a battu son propre record de France il y a trois jours à Rouen en dépassant la barre des 6,04 mètres, a invoqué une raison pour le moins étrange l'obligeant à repasser son contrôle anti-dopage pour valider son nouveau record:

Sur Facebook, l'athlète continue:

«Mon urine se modifie sous le stylo d'une femme?!? Tout en sachant que ce même processus fait sur une compétition international a l'étranger serait validé. C'est beau la législation antidopage française différente de la législation internationale. Merci l'AFLD pour cette perte de temps idiote.»

Le message a entraîné diverses interprétations, certains internautes et médias l'interprétant comme une critique de pratiques sexistes de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), qui ne permettrait pas aux femmes de rédiger les contrôles anti-dopages.

Les défenseurs de l'égalité femme-homme peuvent se rassurer: il n'y a aucune trace d'une telle règle à l'AFLD et les raisons du vice de procédure sont beaucoup plus pratiques.

Les contrôles anti-dopage dans le sport sont devenus des actes règlementés par une procédure rigoureuse et un cadre juridique précis au cours des années 2000.

Cette procédure implique en France, depuis 2007, la présence d'une escorte chargée de suivre tout athlète contrôlé depuis sa notification de contrôle jusqu'à sa prise en charge par un préleveur agréé qui effectuera le prélèvement, qu'il s'agisse d'un contrôle d'urine ou de sang. Son rôle est de garantir la conformité du contrôle mais aussi de dissuader les manœuvres éventuelles des sportifs entre la notification et le contrôle (un délai qui peut aller jusqu'à une heure si le sportif doit aller prendre part à la remise des médailles ou répondre à une interview) pour éviter un contrôle positif. Pendant le contrôle en lui-même, c'est au préleveur que cette obligation incombe —par exemple, pour éviter l'utilisation d'un faux pénis comme Mike Tyson.

Le code du sport précise que l'escorte comme le préleveur doivent être du même sexe que l'athlète, sous peine d'invalidation du contrôle. Le tout, on suppose, pour des raisons de pudeur. De la même manière qu'une femme ne peut pas procéder à un contrôle antidopage sur Renaud Lavillenie, un homme ne pourrait pas le faire pour la perchiste Vanessa Boslak.

Ces règles ne sont pas spécifiques à la France. L'Agence mondiale antidopage (AMA) requiert aussi que l'escorte ou l'agent de contrôle du dopage soient du même sexe que l'athlète.

L'AFLD n'a pas répondu à nos sollicitations, mais il semblerait bien que lors du contrôle antidopage, le contrôleur ou l'escorte n'était pas du même sexe que l'athlète, ce qui explique son annulation... qui n'aurait donc rien de sexiste.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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