Mondial 2014 / Sports

Mondial: quand l'équipe de France battait un demi-Honduras

Temps de lecture : 2 min

Les Bleus n'ont officiellement jamais affronté leur premier adversaire de la Coupe du monde 2014. Mais en 1972, déjà au Brésil, ils ont écrasé une sélection composite où figuraient six joueurs honduriens.

L'équipe de France opposée à la sélection de la Concacaf, le 11 juin 1972 à Salvador da Bahia. Photo via Vintage Football Club.
L'équipe de France opposée à la sélection de la Concacaf, le 11 juin 1972 à Salvador da Bahia. Photo via Vintage Football Club.

De ses trois adversaires du premier tour de la Coupe du monde 2014, la France n'en a déjà affronté qu'un seul en compétition officielle, la Suisse. Elle n'a joué qu'un match amical contre l'Equateur, en 2008. Quant à son dernier opposant, le Honduras, contre qui elle ouvrira son Mondial le 15 juin à Porto Alegre (à 21h heure française), elle ne l'a jamais rencontré pour ce qui concerne l'équipe A –nous n'avons pas non plus trouvé trace d'une rencontre de jeunes.

Pourtant, les internationaux français ont déjà affronté des joueurs honduriens sous le maillot bleu. Cela se passait le 11 juin 1972, au coeur du désert footballistique français des années soixante-dix (aucune qualification pour le Mondial entre 1966 et 1978). Et c'était déjà au Brésil, à Salvador da Bahia, là où les Bleus affronteront la Suisse l'an prochain.

Récit du site Chroniques bleues:

«En juin, pendant que se joue la phase finale de la coupe d’Europe des Nations (remportée par la RFA face à l’URSS), l’équipe de France est au Brésil, où se joue la Coupe de l’Indépendance à l’occasion des 150 ans du Brésil. Le tournoi oppose d’abord quinze équipes réparties en trois groupes de cinq, le vainqueur de chaque groupe jouant un tour final contre cinq équipes qualifiées d’office.

Les Bleus rencontrent d’abord une sélection d’Amérique centrale (Concacaf) privée des internationaux mexicains. Pour l’occasion, Dominique Baratelli fait ses débuts dans les cages, et Hervé Revelli se fait plaisir avec un triplé dans la dernière demi-heure (5-0).»

Un autre récit, encore plus détaillé, est fourni par les Cahiers du football, sous le titre «Coupe en toc sous le soleil du Brésil»:

«C’est sous une chaleur accablante et dans un stade en grande partie vide (l’entrée est pourtant gratuite) que l’équipe de France débute son tournoi le 11 juin 1972 à Salvador da Bahia. L’équipe du Concacaf qui lui est opposée est principalement composée d’internationaux haïtiens et honduriens.

Georges Bereta parvient à ouvrir le score à la 35e minute, mais on ne signale rien d’autre avant la pause. Pour la deuxième période, Jean-Michel Larqué cède sa place à Georges Lech. Le Sochalien est brillant et anime le jeu des français. Cela inspire Hervé Revelli qui signe un joli triplé.

En ajoutant le but contre son camp du malheureux hondurien Bulnes, cela fait 5-0, un score en trompe-l’œil mais une entrée en matière satisfaisante.»

Ce soir-là évoluaient sur la pelouse, devant un peu plus de 20.000 spectateurs, et dans un «4-3-3 prudent», selon le site de la FFF, d'autres noms encore connus aujourd'hui: Jean Djorkaeff (le père de Youri), Marius Trésor, Henri Michel, Michel Mézy... (il est possible de les voir en photo sur le site Vintage Football Club). Face à eux, la Concacaf aligne cinq joueurs honduriens et six haïtiens.

Les Bleus battront ensuite une sélection africaine et la Colombie, mais concèderont un match nul contre l'Argentine qui les privera du second tour à la différence de buts.

Jean-Marie Pottier

Jean-Marie Pottier Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).

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