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Arrêtez de nous gonfler avec vos marathons!

Sur le Wall Street Journal, la haine du marathonien s'affiche sans complexe

More Happy Runners / Tobyotter via Flickr CC Lisence By

Chad Stafko, se présentant comme «écrivain et consultant politique», s’est fendu d’une tribune contre les adeptes de la course à pied, ou ce qu'il est convenu d'appeler la culture du jogging ou du running. «Quel est cet engouement pour le running et ce rituel quasi-obligatoire consistant à s’en vanter?» se demande-t-il dans sa chronique intitulée «Vous êtes un coureur? Bien, remettez-vous en», publiée dans le Wall Street Journal.

Car Stafko en a assez de ces autocollants qu'il voit partout autour de chez lui, et qui indiquent fièrement «26,2 miles» et «13,1 miles», soit les distances du marathon et de semi-marathon (soit environ 42 et 21 kilomètres).

«Pratiquement chaque jour je vois des gens courir […] se plaint-il excédé. Ils sont partout et à tout moment, de l’aurore au crépuscule, leur équipement réfléchissant scintillant le long de la route.»

Et quand ils ne courent pas «leurs semi-marathons, leurs marathons, leurs 10 kilomètres, leurs 5 kilomètres, leurs courses de loisir, leurs courses nocturnes, leurs courses de charité et ce qu’on ne peut qu’appeler leurs déments ultramarathons de 50 miles [80 kilomètres] ou plus», ils peuvent «se détendre avec un magazine de running» ou «aller faire du shopping –dans un magasin de running».

La question que se pose l’auteur est simple: pourquoi? Pourquoi ce besoin permament d’en parler, de le montrer, de s’exhiber en courant avec d’autres et devant d’autres?

«J’ai une théorie. Il n’y a pas de forme plus visible d’effort que le running […] Ils savent que chaque automobiliste, chaque piéton, chaque ramasseur de feuilles et chaque personne regardant paresseusement par la fenêtre peut les voir.»

Une pratique qu’il rapproche de l’exhibition en ligne, comme les selfies et les statuts Facebook annonçant que l’on s’ennuie dans l’espoir de récolter quelques likes. Même s’il le reconnaît:

«Beaucoup de mes amis qui courent régulièrement le font depuis des années, des décennies avant qu’un truc appelé “médias sociaux” ne démultiplie la tendance de l’humanité à être absorbée par elle-même.»

Evidemment, il ne s'est guère passé plus de 15 heures avant qu'Internet ne réplique au chroniqueur. La charge est venue de la chroniqueuse du site pro-course I am running this, Kelly Caiazzo, qui, après avoir rappelé les bienfaits de l'exercice et brodé autour du fait que cet article était tellement «NÉGATIF», décide d'attaquer plus sévèrement l'auteur:

«Pour sa défense, ce gars est journaliste. Son job est d'écrire des articles divertissants et nerveux que les gens voudront lire. Peut-être que dans son monde, narquois et polémique = drôle, et qu'offensant = viral.»

Peut-être qu'elle a un peu raison, aussi.

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