Société

Sandra, «inventeuse d’histoires vraies»

Temps de lecture : 2 min

«Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple» - Jacques Prévert

Pour le premier épisode de sa websérie Voir la vie autrement, Tediber reçoit sur son matelas Sandra Reinflet, personnalité atypique et inclassable et s'intéresse à sa façon bien à elle de voir le monde.

Photographe, chanteuse, écrivaine, Sandra Reinflet est tout cela à la fois, et bien plus encore. Quand, enfant, elle affirmait vouloir exercer toutes ces activités, un regard de bienveillance amusé se posait sur elle. Car, on le sait bien, les enfants sont de doux rêveurs qu’on ne prend jamais au sérieux.

Au fil des années, cette «carrière» protéiforme n’entrant pas dans les canons de la société, Sandra s’est heurtée au principe de réalité. Elle aurait pu abandonner, rentrer dans le rang et ranger définitivement ses rêves de petite fille au placard. Mais cette globetrotteuse infatigable a fait mentir l’adage selon lequel grandir nécessite de se détourner de ses rêves.

Alors que nombre d’enfants abandonnent leurs aspirations spontanées en grandissant (celui-ci oublie ses envies de devenir pompier, celle-ci tourne le dos à ses désirs d’aventurière), Sandra, elle, a transformé ses fantasmes de gosse en métier. Elle s’est imaginée un travail et est devenue, selon ses mots «inventeuse d’histoires vraies».

Une vision humaniste, joyeuse et intime

Parfaitement à l’aise avec cet oxymore on ne peut plus révélateur de sa singularité, Sandra voyage, s’imprègne, s’émerveille de l’ailleurs (mais aussi de son quotidien) et le met en scène dans un des arts qu’elle maitrise. Une rencontre ou un paysage peuvent ainsi donner naissance à une chanson ou un texte. Le monde est son terrain de jeu, l’humain sa matière première.

En divulguant nonchalamment des anecdotes de voyage (le rôle central d’un gourou rencontré en Indonésie), un coup de cœur littéraire qui fait écho à son propre travail, ou encore ses conseils pour garder un œil neuf et toujours étonné sur ce qui nous entoure, Sandra dessine en creux son autoportrait: en accord avec elle-même, épanouie et altruiste. À n’en pas douter, la petite fille qu’elle était serait fière de la femme qu’elle est devenue.

Son énergie, son humour, sa folie douce nourrissent son œuvre tout autant que le réel. Si sa philosophie de vie pourrait faire penser au carpe diem du poète Horace, elle se double d’une dimension nietzschéenne («deviens ce que tu es») pour accoucher d’une vision profondément humaniste, joyeuse et intime.

Métamorphoser le rêve en réalité

Au-delà de sa propre expérience, la trajectoire de Sandra démontre la possibilité pour tous de métamorphoser le rêve en réalité, si tant est qu’on arrive à préserver l’innocence et le naturel de sa jeunesse. Autorisé et valorisé durant l’enfance, le rêve perd peu à peu de son aura avec les années, rimant à l’âge adulte avec un manque de sérieux, de règles et de pieds sur terre.

Ce changement d’appréciation, sous l’influence de la pression sociale qui nous soumet à des normes (pression dont nous sommes à la fois responsables et tributaires), provoque un certain désenchantement, une impression trop largement partagée de ne pas être à sa place, de ne pas faire ce à quoi on était destiné.

En s’opposant à ce diktat implicite, en s’accrochant coûte que coûte à ses fantasmes d'enfant, Sandra prouve qu’on peut se libérer de la norme et inventer sa vie à hauteur de ses rêves. Que les rêves et la réalité peuvent coexister.

Slate.fr

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