Politique

La semaine imaginaire de Nicolas Sarkozy

Temps de lecture : 4 min

Chaque samedi, Louison se met dans la peau d'une personnalité qui a fait l'actu et imagine son journal de bord.

Nicolas Sarkozy au dernier jour de son procès le 10 décembre 2020, au Palais de justice de Paris. | Bertrand Guay / AFP
Nicolas Sarkozy au dernier jour de son procès le 10 décembre 2020, au Palais de justice de Paris. | Bertrand Guay / AFP

Lundi 7 décembre

Alors que j'étais tranquillement en train de me faire un smoothie (plein de gens m'envoient des oranges aujourd'hui, sans que je comprenne bien pourquoi, le manque de soleil et le grand besoin de vitamine C sans doute), j'apprends ce matin que même si la deuxième vague n'est pas encore terminée, il est assez possible qu'on s'en paye une troisième à la mi-janvier. Je peux t'dire que si j'étais encore président, y'a longtemps que j'aurais retroussé mes manches, posé ma Rolex sur la table de nuit (parce que ça coûte une blinde ces petites choses), et sorti le Kärcher de son placard républicain.

Ah ça, passe-moi la salade, je t'envoie la rhubarbe, si j'étais encore à l'Élysée, je peux te dire que le corona machin, il s'rait reparti dans son pays, poussé d'un coup de talonnette au derrière dans un charter. Je t'aurais nommé mon petit Brice Hortefeux au ministère de la Santé et ni vu, ni connu, on aurait pu continuer à aller manger des frites avec les mains un peu sales au Fouquet's. Ah mais. Ça y est j'ai des palpitations. Faut pas que je parle trop de la Santé, Carla elle dit que ça fait grimper ma tension.

Mardi 8 décembre

Et voilà, encore une fois quand je suis pas le président c'est le bordel. Y'en a toujours un pour dire qu'il va faire mieux que moi, pour me prendre la place alors que je suis hyper motivé, mais force est de constater que ce soir comme presque tous les soirs, si j'avais été là, ça se s'rait pas passé comme ça, oh non, ça j'vous l'dis ma p'tite dame.

Si j'avais été président, je peux assurer que l'autorité aurait été au rendez-vous et qu'on n'aurait pas vu une telle chienlit, à la vue du monde et au ras de la pelouse. Non, pas celle de l'Élysée, ça c'est bon j'ai donné à y ramasser les crottes des clébards de Carla (ils digéraient pas très bien le mobilier national). Non le gazon dont je cause, c'est c'ui du Parc des Princes. Sans qu'aucun chien ne soit responsable cette fois, y'avait ce soir pour le match PSG-Basaksehir comme un parfum dans l'air qu'on pourrait qualifier de nauséabond.

Bon en même temps comme dirait Agatha Christie, «on peut plus rien dire sauf sur CNews». Mais si on ne peut plus rien dire, on peut toujours se lever et se casser, et l'écho des pas des joueurs rentrant au vestiaire en soutien à l'un d'entre eux accusant un des arbitres de racisme va résonner plus fort que le dernier disque de ma Carlita d'amour. Bon ok ça c'était pas dur.

Mercredi 9 décembre

Moi dans la vie j'adore les grands hommes. Les grands poètes aussi, les hommes de lettres surtout. Nan, pas des vieux types qui se font vacciner genre William Shakespeare, je parle pas anglais d't'façon, et j'ai rien compris à la saison 4 de The Crown parce que les chiens de Carla ils ont aussi bouffé la télécommande et j'ai pas pu mettre la VF sur Netflix.

Darmanin, un mec qui en a quoi, comme moi. Et pas qu'un peu. Je parle des casseroles.

Nan, moi je te parle de ces vrais héros des temps modernes, ces mecs qui te tirent une larme comme mon Johnny ou en plus vivant Didier Barbelivien. Des mecs dont les convictions politiques sont plus souples que la carrière de Faudel. Des mecs qui affrontent toutes les tempêtes, surtout si c'est eux qui ont appuyé sur le ventilo. Des mecs comme Gérald Darmanin quoi. Gérald, c'est un mec qui, de l'Intérieur, arrive à foutre un bon bordel à l'extérieur de Beauvau.

Aucun lien avec La vache qui rit, je précise pour madame Royal. Un mec qui est ministre d'État et qui m'apporte son soutien alors que les réquisitoires à mon procès pour corruption demandent quatre ans de prison dont deux fermes. Un mec qui en a quoi, comme moi. Et pas qu'un peu. Je parle des casseroles.

Jeudi 10 décembre

Ce matin sur mon compte twitter secret (@paul_le_poulpe_bismuth), j'ai vu passer la une du magazine Time qui décrit 2020 comme «la pire année de l'histoire». De toute évidence, personne chez Time n'a jamais perdu un scrutin présidentiel contre François Hollande. Parce que 2012 c'était un peu l'équivalent en année, de la moquette de location à la fin du Salon de l'agriculture.

Ok, on ne portait pas de masques, on n'enterrait pas 300 personnes par jour, on pouvait aller au restaurant et au cinéma le même soir, on avait le droit de réveillonner en brulant des huîtres ou en mangeant des voitures (à moins que ça ne soit l'inverse, ça me paraît si loin, je ne sais même plus), et on pouvait même, si vraiment on avait fait le tour de toute l'offre culturelle du pays, aller applaudir ma Carlita dans les salles de spectacles avec une bonne caisse de résonnance.

En revanche, on n'avait pas droit à des conférences de presse de Jean Castex toutes les 52 heures. Bon ok, je retire, 2012 c'était vraiment le bon temps en fait.

Vendredi 11 décembre

Les parcs d'attractions ont vu baisser leur fréquentation de 50%. Ça fait froid dans le dos. Ça veut dire que si j'avais rencontré seulement maintenant ma Carlita di amore, j'aurais dû la séduire en l'emmenant à Vélizy 2. J'aurais un peu plus galéré je pense, Carla elle est plus «Paint It Black» que Black Friday comme nana. C'est son seul défaut si vous voulez mon avis. Bref, je suis bien chagrin pour Mickey et Astérix, car je ne sais pas pourquoi, mais je me suis toujours senti proche d'eux, à leur hauteur on pourrait dire.

Si mon avenir est un peu incertain en ce moment, j'ai vu dans le journal une nouvelle qui m'a ouvert des perspectives. Il est prévu de remplacer le porte-avions Charles de Gaulle par un futur engin, à propulsions nucléaires lui aussi. La nouvelle a été annoncée cette semaine, probablement pour célébrer comme il se doit les cinq ans de l'accord de Paris sur le climat. V'là la bougie.

En tout cas, s'ils cherchent un nom pour le baptiser, qu'ils hésitent pas, je suis dispo. Parce que bon, moi je commence à en avoir un peu marre de ne donner mon nom qu'à des affaires judiciaires…

La semaine imaginaire
La semaine imaginaire de Valéry Giscard d'Estaing

Épisode 28

La semaine imaginaire de Valéry Giscard d'Estaing

La semaine imaginaire de Marlène Schiappa

Épisode 30

La semaine imaginaire de Marlène Schiappa

Newsletters

«The Crown» va-t-elle précipiter la chute de la monarchie britannique?

«The Crown» va-t-elle précipiter la chute de la monarchie britannique?

En revenant sur les années Diana, la série souligne une affaire qui a durablement entaché la réputation d'une Couronne de plus en plus embourbée dans ses traditions.

Avant l'arrivée de Biden, le grand ménage

Avant l'arrivée de Biden, le grand ménage

Une transition loin d'être paisible.

Attention, un Trump peut en cacher un autre

Attention, un Trump peut en cacher un autre

Dernière ligne droite avant l'investiture de Joe Biden, ce 20 janvier, à Washington. Une investiture à laquelle Donald Trump, en bon perdant, ne se rendra pas. Le 45e président des États-Unis a enfin admis sa défaite, dans les mots et dans les...

Newsletters