Société

La semaine imaginaire de Jean-Marie Bigard

Temps de lecture : 4 min

Chaque samedi, Louison se met dans la peau d'une personnalité qui a fait l'actu et imagine son journal de bord.

L'angoisse de disparaître de la sphère médiatique m'étreint si fort que je me surprends à dire n'importe quoi pourvu que l'on parle de moi. | Louison
L'angoisse de disparaître de la sphère médiatique m'étreint si fort que je me surprends à dire n'importe quoi pourvu que l'on parle de moi. | Louison

Note de l'autrice: cette chronique fut l'occasion de sortir tous les gros mots d'une année en une seule fois. Pardon Maman. Et bonne fête.

Lundi 24 mai

Tout d'abord et comme le disait si bien Confucius, j'aimerais commencer par vous dire d'aller bien vous faire enculer. Si, bien sûr que si, Confucius disait ça, je l'ai vu sur internet pas plus tard que la dernière fois que je suis allé aux chiottes alors hein, et puis venez pas me contredire sinon ça va m'énerver et je vais être vulgaire, bande de têtes de glands. Parce que déjà je peux vous assurer que là je prends tellement sur moi pour pas sortir mon costume trois pièces et aller biffler tous ces cons qui sortent fièrement des vaccinodromes. Dix millions de double-vaccinés.

Ça en fait de la biffle. Franchement, ça me démange pire que des morpions. Heureusement, j'ai le slip solide, tellement solide qu'il pourrait croiser sans problème un avion de chasse au dessus de la Biélorussie et continuer sa route jusqu'à ma biroute, peinard. En parlant de biroute, paraît que le ministre de l'Interieur porte plainte contre une gonzesse. Y a des biffles qui se perdent.

Mardi 25 mai

Comme disait Albert Camus, je sens que cette journée va me péter les couilles, sévère. Entre deux articles passionnants trouvés sur internet, qui expliquent comment la sodomie peut guérir les allergies au pollen et faire payer moins d'impôts, j'ai lu que cet espèce de toréador à la mords-moi le nœud de Manuel Valls revenait en France. Je comprends plus rien, soi-disant on peut plus voyager à cause des variants, et voilà qu'on nous renvoie un furoncle politique qui s'est pas lavé les mains depuis la dernière fois qu'il a roulé des pelles aux fesses de Macron. Franchement, si les Espagnols avaient pas eu l'idée de foutre des moules dans la paella, j'aurais pu aller recouvrir de merde tout le long de la frontière pour me venger. Mais comme je disais l'autre jour à une dame qui me demandait poliment de mettre mon masque vu que j'étais un peu en train de cracher dans son café en terrasse: «J'aime pas ta gueule, mais bon dieu que j'aime les moules.»

Mercredi 26 mai

C'est pas mon genre d'être désagréable avec les dames, surtout celles qui ont des nibards à vous faire flamber la braguette, mais franchement cette Marlène Chia-pas, elle me donne envie de la biffler à lui en faire un torticolis. Ouais je sais, vous allez me dire que la biffle n'est pas une réponse à tout dans la vie, et je vais vous dire, 1) vous avez tort, 2) allez vous faire enculer avec du verre pilé. La biffle résout tout, je l'ai lu dans une étude très très sérieuse sur internet, et figurez vous que 69% des problèmes sur Terre pourraient être réglés à coup de biffle. 69%, c'est presque aussi énorme que ma bite, c'est dire.

Mais je préfère ne pas trop penser à cette grosse morue de Marlène qui me traite d'alcoolique sur les plateaux de télévision, face à ces collabos de journalistes payés avec nos impôts, enfin, ceux que je suis censé payer.

De toute façon, on vit dans un monde où les gonzesses essayent de nous broyer les couilles toute la journée, c'est une obsession chez elles. Regardez le Louvre, c'est un truc de bonhomme. Plus grand musée du monde et tout. Eh bah non, faut qu'une porteuse de strings en dentelle vienne nous le choper. Je vous le dis, à force je pourrais finir par devenir pédé, si c'était pas un truc de pédé.

Jeudi 27 mai

Mon petit doigt m'a dit, et mon énorme sexe aussi, qu'aujourd'hui c'était la journée nationale d'hommage à la Résistance. Je m'étonne que cette raclure de bidet qu'on a comme Premier ministre ne m'ait pas proposé de venir faire un discours pour l'occasion, tant je me sens proche de ces héros disparus. Poil au cul. Moi aussi je brave le danger et l'ennemi qui veut nous mettre des puces 5G dans le bras, alors que moi je préfère un petit doigt dans le cul, et je n'aurais jamais honte de le crier haut et fort. Et surtout très haut et très fort même. Mais je m'égare, parlons plutôt des héros nationaux fusillés plutôt que de mon cul, même s'ils ont en commun d'avoir un trou de balle. Oh putain elle est bonne celle là, il faut que je la note pour mon prochain spectacle La bite à Bigard. Oh et puis je peux la faire imprimer sur des masques pour mon site de produits dérivés. Ouais, je porte pas de masque, mais ça m'empêche pas d'en vendre. C'est ça les vrais héros. Du business.

Vendredi 28 mai

Je vais être honnête, et vous confiez que parfois, la mélancolie, l'angoisse de disparaître de la sphère médiatique et finalement de disparaître tout court, m'étreignent si fort que je me surprends à dire n'importe quoi pourvu que l'on parle de moi. Je suis sûr que je partage ce mal funeste avec un grand nombre de mes contemporains, et cela me fait comme une petite tendresse de, soudain, me sentir moins seul. Bien sûr que j'aimerais assez me perdre dans le nouveau lieu artistique qu'est la Bourse du Commerce à Paris. Bien sûr que j'aimerais aller m'interroger sur la vanité de l'artiste, de l'art plus généralement mais de ce besoin si précieux que nous avons de créer, plutôt que d'aller jouer les médecins imaginaires chez les despotes de la télévision, mais que voulez-vous, tel un Prométhée de l'humour, on est parfois torturé éternellement pour avoir offert le feu du rire. Mais l'heure tourne… je dois prendre mes gouttes… attendre quelques instants qu'elles agissent… et vous dire à toutes et à tous… D'ALLER BIEN VOUS FAIRE ENCULER.

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