Sciences / Monde

Pour lutter contre la pollution, la Chine choisit une solution... polluante

Temps de lecture : 2 min

Nuage de pollution à Pékin. Fl85 via FlickrCC License by

En janvier 2013, la Chine tentait de sortir la tête de son épais nuage de pollution. En cause, l’impressionnante consommation de charbon du pays, qui équivaut à celle de l’ensemble du reste de la planète selon Euronews.

Comme ça devenait quand même compliqué de continuer de fermer les yeux sur un problème d’une telle ampleur, les autorités chinoises ont décidé d’agir. La solution: réduire l’utilisation de charbon et en profiter pour gagner une certaine indépendance énergétique.

Le pays prévoit donc de dépenser 14 milliards de dollars (10 milliards d’euros), d’après Reuters, pour construire des usines permettant de transformer le charbon en gaz naturel de synthèse dont les Chinois sont très friands. Ce projet leur permettrait notamment d’arrêter d’importer du gaz à des prix exorbitants depuis l’Australie, l’Indonésie ou encore le Qatar.

Seulement voilà, ces usines censées diminuer la pollution en Chine «augmenteraient dramatiquement l’émission de gaz à effet de serre, ainsi que les volumes de toxines, tout en consommant d’importantes quantités d’eau», explique Quartz, en citant une étude publiée par la Duke University.

La faute au procédé de gazéification du charbon, qui consiste à exposer cette énergie fossile à de la vapeur, de l’air sous haute pression, pour produire de l'hydrogène mais aussi du monoxyde de carbone (super toxique), explique le South China Morning Post.

Pas étonnant donc que les chercheurs aient montré que ce charbon gazéifié produit sept fois plus de gaz à effets de serre qu’un gaz normal, et s’il est brûlé pour générer de l’électricité, les émissions de carbone sont supérieures de 82% à celle d’un gaz normal.

«Sur les 40 ans de longévité des neufs usines approuvées pour le moment par le gouvernement chinois, leur rejet de CO2 atteindra 21 milliards de tonnes contre 3 milliards pour une usine normale.»

A cela s’ajoute le fait que ces infrastructures doivent être construites dans des régions désertiques, et consommeront donc plus de 200 millions de tonnes d’eau par an. Le projet n’est pas encore très écolo…

«Utiliser le charbon pour en faire du gaz naturel peut être bon pour la sécurité énergétique de la Chine, mais son procédé de fabrication est un désastre pour l’environnement», conclut l’un des chercheurs.

Maïlys Masimbert

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