Santé

Est-ce que je choisis une psy femme ou un psy homme?

Temps de lecture : 3 min

En fait, ça n'est pas vraiment important. Sauf que pour moi, ça a longtemps été fondamental.

Carole Bouquet en psy et amie de Frédéric Pierrot dans la saison 1 d'En thérapie, version française. | Capture d'écran CinéSéries via YouTube
Carole Bouquet en psy et amie de Frédéric Pierrot dans la saison 1 d'En thérapie, version française. | Capture d'écran CinéSéries via YouTube

Dans Ça tourne pas rond, Mardi Noir, psychologue et psychanalyste, revient chaque semaine sur une question ou problématique psychologique.

Si cette question fort répandue devient un casse-tête, c'est qu'il n'est peut-être pas encore temps d'aller chez le psy tout court. Parce qu'au fond, le psy est le père, la mère, le frère, la grand-mère ou même votre pote non binaire. Nous projetons au-delà de sa personne physique les caractéristiques de nos proches. Ceci étant dit, ne feignons pas qu'homme ou femme ce soit exactement du pareil au même.

Quand je suis allée voir mon premier psy, il était hors de question que ce soit une femme. Je le savais dans ma chair, je le ressentais viscéralement. Déjà profondément masochiste, il aurait été stupide de choisir une femme, sous prétexte que cela me mettait en danger et que ce serait donc, potentiellement, intéressant. J'allais beaucoup trop mal pour me rajouter une épreuve supplémentaire. Se frotter à l'inconfort, pourquoi pas, mais si c'est pour fabriquer un lien qui empêche toute avancée, nous sommes plutôt en présence d'un échec organisé.

Une mère en chaque femme

En toute femme, je voyais ma mère. Non pas que ma mère, la pauvre, soit un être particulièrement maléfique, mais notre lien est du côté du trop. Imposant. Énorme. Pas tellement frontal. Rempli de circonvolutions. Quand les tours et les détours de cet amour dévorant nous donnent trop le tournis et qu'il faut se dire des vérités, c'est le choc, la sidération, la culpabilité, l'angoisse, l'abandon puis un retour au même amour, inconditionnel. Un sacré bordel.

L'idée de consulter une femme me provoquait tout ce que je viens de décrire. Comment parler dans ces conditions. Je n'avais pas les mots pour l'expliquer, mais je faisais confiance à mes sensations physiques. Je pressentais que la moindre remarque de sa part m'anéantirait. Le monsieur que j'ai choisi était drôle, un peu foufou, gentil, empathique, et surtout, si je n'étais pas d'accord avec lui, je pouvais faire l'expérience de le lui dire.

Je ne voulais pas d'une femme, car l'idée qu'elle émette un jugement, une remarque sur mon travail m'inspirait une réserve quant à ma façon de les recevoir.

Est-ce que le genre vous importe? Est-ce une question pour vous? Les impasses avec ma mère traduisaient aussi que je me représentais comme une fille et non une femme. Sa fille, pour être plus précise. En impossibilité, à ce moment, de me constituer comme sa rivale et donc comme la rivale des autres femmes de ma vie. Dès que cette dimension affleurait dans mon monde, je m'effondrais et j'allais chercher du réconfort, en petite fille meurtrie, du côté de ma mère. Prendre un psy homme en premier choix, c'était donc me garantir que je n'allais pas chouiner dans les bras de ma mère au premier conflit avec la psy.

Franchir le pas

Puis, au bout de neuf ans d'analyse ayant donné vie à un récit personnel bien amorcé, j'ai fait le grand saut, j'ai changé de psy pour aller voir une femme. La dimension du défi était encore vivace, mais je savais que je pouvais le relever sans m'effondrer.

Surtout, j'avais le désir de saisir ce qui se jouait pour moi du côté des autres femmes et de ma mère. J'ai pu apprivoiser l'effroyable violence qui m'animait et lui donner des contours symboliques, en parler, en assumer les conséquences et dans le même temps affirmer, autant que possible, ma façon à moi d'être une femme. J'ai aussi découvert que je pouvais considérer ma psy comme une alliée et non une ennemie.

Je pensais avoir réglé plus ou moins cette question. Finalement, maintenant, psy homme ou femme, peu importe. Et il a fallu que je choisisse un psy pour ma supervision. C'est-à-dire parler des personnes que je reçois à un autre psy pour orienter au mieux ma pratique. Et la question s'est tout de suite posée de nouveau. Je ne voulais pas d'une femme, car l'idée qu'elle émette un jugement, une remarque sur mon travail m'inspirait une réserve quant à ma façon de les recevoir.

Serai-je capable de ne pas me retrouver en position de fillette? Est-ce que j'entendrai comme il faut ses commentaires? Saurai-je être constructive et non dans un dénigrement quasi automatique, du simple fait que j'ai une femme, supposée mieux savoir, en face de moi? Pire, puis-je lui faire confiance? Autant de questions parasites qui pollueraient les séances. Il y a encore du boulot!

Ça tourne pas rond
Faut-il avoir un problème pour aller voir un psy?

Épisode 23

Faut-il avoir un problème pour aller voir un psy?

Qu'est-ce que mon psy prend en notes pendant ma séance?

Épisode 25

Qu'est-ce que mon psy prend en notes pendant ma séance?

Newsletters

Vous voulez vivre longtemps? Soyez optimiste

Vous voulez vivre longtemps? Soyez optimiste

De récentes études analysent le pourquoi du comment voir le verre à moitié plein permet d'augmenter son espérance de vie et d'être en meilleure santé.

À quoi ça sert de voir un psy quand on est vieux?

À quoi ça sert de voir un psy quand on est vieux?

Lorsque l'on a 80 ans, l'idée n'est pas forcément de changer de vie. Mais il est aberrant d'imaginer qu'une vieille personne ne puisse pas bénéficier d'un travail psychique.

Ne frottez plus votre nez lorsque vous vous mouchez

Ne frottez plus votre nez lorsque vous vous mouchez

Cela vous évitera de l'avoir tout rouge et vous protégera des agressions extérieures.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio