Une souffrance inaudible
Transfert

Une souffrance inaudible

Deux souvenirs se rejoignent. L'un quand je suis allée me faire tatouer pour la première fois, et que j'ai demandé à ma tatoueuse si j'allais souffrir: elle m'a dit les femmes n'ont jamais mal pour de si petits tatouages, on est bien plus habituées à la douleur, il n'y a que les hommes qui trouvent ça douloureux. 

L'autre souvenir est celui d'une conversation il y a des années avec un homme qui me disait que je jurais et que ce n'était pas très féminin. J'avais dit: «Ça veut dire quoi féminin?». Il n'avait pas bien su répondre et dans ma tête je me disais que je ne saurais pas bien non plus. 

Si on me reposait la question aujourd'hui, de ce qu'est la féminité, je répondrais que c'est une souffrance discrète. Une manière d'accepter une souffrance normalisée sans faire de bruit, gentiment, joliment. 

C'est un lieu commun chez les féministes de dire que si les hommes accouchaient on aurait découvert la péridurale bien plus tôt et elle serait plus commune dans le monde entier. On trouve normal que les femmes souffrent, on trouve gênant qu'elles s'en plaignent trop. Mais jusqu'où peut-on s'aimer dans sa féminité quand elle est associée à la douleur?

Dans cet épisode, Marion raconte comment elle a réussi à se réconcilier avec sa féminité, au micro d'Agathe Le Taillandier.

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Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de Marine Quéméré. Maureen Wilson était à l'édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

Photo: Camila Quintero Franco

Charlotte Pudlowski

Charlotte Pudlowski journaliste, créatrice et rédactrice en chef du podcast Transfert

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