À quoi réduit-on les enfants que l'on refuse d'entendre?
Transfert

À quoi réduit-on les enfants que l'on refuse d'entendre?

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Dans le dernier roman de Delphine de Vigan, Les Loyautés, Théo est un enfant de 12 ans, que ses parents divorcés ont enfermé dans leurs silences, dans leur haine et dans leur désespoir. À propos de la mère, l'auteure écrit:

«Quand elle parle de son père, quand elle est obligée par la force des choses de faire allusion à l'homme qui fut son mari et chez lequel il vient de passer une semaine entière, quand elle ne peut en faire l'économie, elle ne prononce jamais son prénom.

Elle dit “l'autre”, “l'enfoiré”, “le minable”. 

“Ce connard” ou “ce sale con”, quand elle discute avec ses copines au téléphone. 

Théo encaisse, corps malingre criblé de mots, mais elle ne le voit pas. Les mots l'abîment, c'est un ultrason insupportable, un effet Larsen que lui seul semble entendre, une fréquence inaudible qui déchire son cerveau.»

C'est si facile d'abîmer un enfant, de ne pas s'apercevoir du mal qu'on lui fait. De ne pas le voir et de ne pas l'entendre. Ce fut le cas de Dora, dont les parents étaient violents l'un envers l'autre, sans réaliser la manière dont cette violence pouvait rejaillir sur leur fille. 

Écoutez l'histoire de Dora dans Transfert, un épisode réalisé par Cyrielle Bedu. 

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Charlotte Pudlowski

Charlotte Pudlowski journaliste, créatrice et rédactrice en chef du podcast Transfert

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