Monde

Des médiocres, des brutes, des truands: le naufrage politique libanais

Temps de lecture : 11 min

Les revendications pour une justice sociale et une reconnaissance des responsabilités des dirigeants dans l'explosion du port de Beyrouth et la crise économique sont de plus en plus fortes, mais la situation reste bloquée.

Le président du Parlement libanais Nabih Berri, le président Michel Aoun et le nouveau Premier ministre Najib Mikati, au palais présidentiel de Baabda, le 26 juillet 2021. | Dalati and Nohra / AFP
Le président du Parlement libanais Nabih Berri, le président Michel Aoun et le nouveau Premier ministre Najib Mikati, au palais présidentiel de Baabda, le 26 juillet 2021. | Dalati and Nohra / AFP

Il semble loin désormais, le temps où les Beyrouthins s'amusaient de la filouterie d'un employé de l'Électricité du Liban (EDL), qui avait installé dans les locaux de l'institution un poulailler, en plein centre de la capitale, pour garantir à ses volailles un courant sans interruption. Depuis la crise économique qui accable le pays, l'électricité, déjà hasardeuse au temps des beaux jours, est devenue une denrée rare: certains en sont totalement privés, quand les moins malchanceux peuvent s'attendre à une petite dizaine d'heures par jour, selon les réserves de leur générateur privé. La cause en est la pénurie de fuel, qui s'est brutalement aggravée depuis que le gouvernement a annoncé la fin des subventions sur les carburants.

Alors que le Hezbollah a annoncé, jeudi 19 août, l'envoi d'un «navire transportant des tonnes de carburant» depuis l'Iran vers le Liban, les pis-aller se succèdent: l'ambassade des États-Unis a fait savoir qu'elle tâchait de négocier l'acheminement de gaz en provenance d'Égypte via la Jordanie et la Syrie –sans dire un mot des sanctions prévues par la loi César, censée prévenir tout commerce avec le gouvernement d'Assad–, et le président libanais Michel Aoun s'est soudainement décidé, avec l'aval de Riad Salamé, le gouverneur de la Banque centrale (BDL), à valider l'ouverture d'un crédit de 225 millions de dollars pour l'achat de fuel, au taux de 8.000 livres libanaise (bien inférieur à celui du marché noir, qui oscille dernièrement entre 18.000 et 20.000).

Ces rustines mal ajustées font toutefois mal oublier les quarante-et-un morts décomptés à ce jour, qui ont péri à cause de l'explosion survenue dans le Akkar la nuit du 14 au 15 août, après la saisie par l'armée de 60.000 litres d'essence destinés à la contrebande.

Plusieurs véhicules brûlent après la prise d'assaut de la maison d'un contrebandier par la population en colère, le 15 août, dans la région du Akkar, au nord du Liban. | Fathi Al-Masri / AFP

Principaux rouages

La gestion de la crise du fuel est à l'image de ce que la classe politique se propose d'offrir au pays: des solutions de fortune, qui visent à repousser les échéances en esquivant une véritable refonte du système qui lui ferait perdre ses portefeuilles ministériels et ses intérêts clientélistes, mais pourrait sauver ce qu'il reste du Liban.

«La classe politique se partage le gâteau, mais le gâteau est devenu beaucoup plus petit, il est dans un sale état, relève Camille Ammoun, écrivain et politologue, professeur d'économie politique à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth. Même si les acteurs changent de comportement ou de point de vue sur certaines questions, le système reste le même, à savoir un partage de pouvoir entre des partis communautaires. Les changements qu'il peut y avoir ne sont que cosmétiques.»

Si depuis le début des années 1990, les principaux rouages de l'État sont contrôlés par la même oligarchie politico-financière qui se répartit les postes à l'aune des divisions confessionnelles, Ammoun situe l'un des nœuds du blocage politique aux accords de Doha, signés en 2008, et qui avaient instauré un gouvernement d'unité nationale pour mettre fin aux affrontements entre les factions pro-gouvernementales et l'opposition. «Cela a créé une nouvelle pratique, selon laquelle le gouvernement devient une copie du Parlement. Les principaux partis doivent avoir leur quote-part dans le Parlement: il n'y a plus de séparation des pouvoirs, ça vide les institutions de leur sens, et on se retrouve avec les six grands partis traditionnels et quelques partis satellites autour.»

La sclérose politique libanaise est tenace, et en dépit de quelques désaccords formels, les partis traditionnels se sont coalisés contre la société civile pour se maintenir au pouvoir, tout en jouant la carte du communautarisme pour endiguer la contestation populaire de 2019, et justifier leur ancrage dans l'hémicycle et aux différents ministères.

La corruption remise à flots

Pour Karim Émile Bitar, doyen de l'Institut de sciences politiques de l'université Saint-Joseph de Beyrouth, la crise économique a paradoxalement représenté une aubaine électorale pour la classe au pouvoir: «Ces partis politiques, bien qu'étant responsables de la dégradation de la situation économique, peuvent en tirer profit, car ils peuvent aujourd'hui acheter les voix au rabais. Aux élections précédentes, en 2018, il fallait dépenser des sommes assez considérables pour obtenir les allégeances, et on a vu des députés dépenser des millions de dollars pour se faire élire. Aujourd'hui, les partis traditionnels peuvent maintenir une clientèle électorale en offrant des cartons alimentaires, en vaccinant leurs partisans, etc. Le coût d'une voix, pour parler cyniquement, a considérablement décru, notamment pour ceux qui détiennent des devises étrangères.»

​On a ainsi vu le Hezbollah ouvrir sa propre enseigne de supermarchés avec des produits subventionnés, mettant en place des cartes de crédit (al-Sajjad et al-Nour) à destination de ses partisans chiites, pendant que le Parti du futur s'appuyait sur des organismes de philanthropie sunnite comme la Beirut Association for Social Development, fondée par Rafiq Hariri, que les Forces libanaises, ancienne milice chrétienne, ouvraient des cliniques pour la Cedars Medical Association, donnant le change au Parti aouniste qui organise quant à lui des distributions de masques et de produits désinfectants arborant le logo du Courant patriotique libre, etc. Chacun y va de son initiative, plus ou moins dissimulée derrière des proxys charitables, et en profite pour se racheter une éthique à bas coût.

«La contre-révolution s'est appuyée sur les armes dont elle dispose: l'argent, le clientélisme, et le communautarisme, dernier refuge de ceux qui ont été incapables de résoudre les crises politique et économique. Ils jouent donc sur la fibre communautaire et la peur de l'autre, en se présentant comme ceux qui peuvent défendre la communauté face à un ennemi de l'extérieur», observe Karim Émile Bitar.

«La politique de la peur va aller crescendo jusqu'aux prochaines élections prévues en mai 2022, parce qu'ils n'ont plus beaucoup d'autres cartes entre leurs mains, estime le chercheur. Les partis eux-mêmes ne bénéficient plus des mannes financières qu'ils avaient avant. L'aide qu'ils recevaient de l'extérieur, notamment d'Iran et d'Arabie saoudite, a quelque peu diminué. Et comme souvent en période de crise, les gens se recroquevillent et reviennent sur ce qui les rassure, la communauté, la tribu, le nucléus familial.»

«L'impunité a été préservée pendant des décennies et a encouragé toute sorte de crimes, si bien que l'État de droit n'existe pas.»
Ziad Majed, chercheur et politiste

Le complotisme n'a d'ailleurs pas tardé à faire son lit sur la crise économique et politique que connaissait le Liban, et sur laquelle s'est encore greffée la crise sanitaire. La rhétorique habituelle du Hezbollah concernant l'ingérence étrangère (le fameux «complot sioniste et/ou américain»), mobilisée d'entrée de jeu lors de la thawra (révolution), a trouvé du répondant du côté des aounistes agitant le spectre de la guerre civile et de l'effacement maronite –les quartiers les plus touchés par l'explosion s'avérant être les chrétiens.

Crispations communautaires

Si la pauvreté a précipité le retour d'une partie de la population dans le giron des partis traditionnels, ce revirement ne doit pas faire oublier que ces derniers ont toujours pu se reposer sur une base de soutiens fidèles, même au plus fort de la révolution d'octobre 2019.

«Quand il y a plus de pauvreté et donc de nécessité de faire partie d'une communauté, d'une asabiyya, et de profiter au maximum de ce qui peut être distribué au niveau de la rente clientéliste ou confessionnelle, on voit davantage l'obédience vis-à-vis des partis. Mais, durant le soulèvement et la contestation, les dirigeants ont toujours gardé leur base, c'est juste que cette base n'osait pas s'exprimer –à part celle du Hezbollah qui s'exprimait violemment–, parce que l'état d'esprit général et la majorité des gens étaient opposés à eux tous. Maintenant qu'il n'y a plus de contestation et que la crise économique devient de plus en plus catastrophique, ils émergent de nouveau et s'expriment», relève Ziad Majed, chercheur et politiste, enseignant à l'université américaine de Paris.

Les partis politiques traditionnels se situent pour l'heure dans un entre-deux, à la fois considérablement affaiblis (le clan Hariri, que ce soit à Tripoli, Beyrouth, Saïda ou dans les zones rurales sunnites, a attisé beaucoup de colère, et ce d'autant plus après l'explosion du Akkar, où six députés issus du Courant du Futur avaient été élus et sont tenus responsables de la dégradation de l'une des régions les plus pauvres du pays), et bénéficiant d'une force d'inertie non négligeable face au manque de fédération des indépendants.

«Il n'y a pas un retour de la popularité de ces gens-là à cause de la pauvreté, mais il y a plutôt l'expression et l'incarnation de ce qu'est le clientélisme confessionnel, nuance Ziad Majed. En aucun cas, il ne faut considérer qu'ils sont finis ou qu'ils ont été anéantis par le mouvement populaire. Ils prennent aussi de l'oxygène du contexte régional et international, puisqu'ils sont les interlocuteurs.»

L'heure des monstres

Alors que le nouveau monde tarde à apparaître, les revendications pour une justice sociale et une reconnaissance des responsabilités des dirigeants politiques dans l'explosion du port de Beyrouth, mais aussi dans la crise économique, sont de plus en plus fortes. Le mot «accountability» (responsabilité) est de tous les communiqués, toutes les conférences et toutes les manifs, mais cette accountability ne cesse d'être empêchée depuis des décennies: entre la loi d'amnistie de 1991, l'enquête sur l'attentat contre Rafiq Hariri dont les conclusions eurent l'effet d'un pétard mouillé, ou plus récemment l'assassinat de Lokman Slim, les coupables sont rarement désignés au Liban, et encore moins condamnés.

«Le cancer dans cette région du monde, c'est l'impunité, affirme Ziad Majed. Cette impunité a été préservée pendant des décennies, et a encouragé toute sorte de crimes, d'abus et de violations, si bien que l'État de droit n'existe pas. Pourquoi un régime s'empêcherait de tuer lorsqu'il est menacé, quand le régime voisin le fait sans problème? Pourquoi Sissi en Égypte aurait du mal à mettre des gens en prison jusqu'à ce qu'ils en meurent, quand il voit qu'Assad en Syrie gaze sa population, massacre des centaines de milliers de personnes, et reste fréquentable, que les Russes le protègent et que les Européens et les Américains se taisent? Pourquoi Israël va se gêner d'aller bombarder des Palestiniens et de continuer à occuper depuis 1967 leurs terres, et de confisquer leurs biens, et d'imposer les colonies et le système d'apartheid, quand il y a un veto américain qui protège Tel-Aviv à chaque fois qu'une résolution est discutée au Conseil de sécurité? Pourquoi les assassins au Liban vont s'arrêter quand on a des centaines d'assassinats depuis les années 1950, et qu'on n'a jamais vu un procès qui amène les criminels derrière les barreaux?»

De fait, l'enquête ouverte à la suite de l'explosion du 4 août, et qui selon les initiales et extravagantes promesses du Conseil des ministres aurait dû être bouclée en cinq jours, n'en finit plus d'être entravée par les autorités libanaises. Le premier juge d'instruction chargé de l'affaire, Fadi Sawan, avait été dessaisi de l'enquête le 18 février 2021 au prétexte d'un conflit d'intérêt, son domicile ayant été détruit –comme 60.000 autres– lors de l'explosion. Deux mois plus tôt, il avait inculpé, «violant la Constitution», deux parlementaires en activité bénéficiant de l'immunité: Ali Hassan Khalil, ancien ministre des Finances et second de Nabih Berri (le président de l'Assemblée, chef du mouvement Amal), et Ghazi Zeaiter, ancien ministre des Travaux publics (lui aussi proche de Berri), ainsi que le prédécesseur de ce dernier, Youssef Fenianos (Hezbollah), et le Premier ministre démissionnaire Hassane Diab.

«On ne voit pas encore les mécanismes qui permettraient de mettre fin à cette impunité.»
Karim Émile Bitar, doyen de l'Institut de sciences politiques de l'université Saint-Joseph de Beyrouth

Dès le lendemain de sa suspension, c'est le juge Tarek Bitar qui reprenait l'épineux dossier. Le 2 juillet 2021, ce dernier soumettait au Parlement une demande de levée de l'immunité parlementaire de trois députés et anciens ministres, Ali Hasan Khalil, Ghazi Zeaiter et Nouhad Machnouk (ancien ministre de l'Intérieur, proche de Hariri), qui avaient été informés du dépôt de nitrate d'ammonium dans le port, et de sa dangerosité. Le juge Bitar a également tâché d'inculper d'autres hauts responsables, comme Abbas Ibrahim, à la tête de la Sûreté Générale, et Tony Saliba, le chef de la sûreté de l'État, sans succès jusqu'à présent.

Pour Karim Émile Bitar, «on ne voit pas encore les mécanismes qui permettraient de mettre fin à cette impunité. Le Liban ne s'est pas encore doté d'une loi sur l'indépendance judiciaire –il y en a une dans les tiroirs du Parlement mais qui n'a pas encore été adoptée en séance plénière. Ce serait une première étape, mais pour parvenir à mettre un terme à l'impunité, il faut aussi insulariser le Liban des guerres des axes régionaux. Lokman Slim a été liquidé parce que ses propos déplaisaient à certains partis politiques [nommément le Hezbollah, ndlr]. Tant que le Liban est pris dans cette guerre froide irano-saoudienne, il est à craindre qu'il ne demeure une scène où les grandes puissances régionales et internationales règlent mutuellement leurs comptes, et que le Liban serve de boîte aux lettres pour envoyer un signal.»

Plus la situation économique se dégrade, plus le risque d'insécurité et d'implosion du système devient grand. En seulement deux ans, le Liban a connu une contraction de son PIB par habitant de près de 40%. Selon un récent communiqué de la Banque mondiale, publié en juin dernier, il s'agit de l'une des trois crises économique et financière les plus importantes à l'échelle mondiale depuis le milieu du XIXe siècle, or il y a très peu d'exemples dans le monde où l'on a vu une telle contraction du PIB sans qu'il y ait par la suite des guerres, des conflits ou des incidents sécuritaires: plus l'État central s'affaiblit, plus les acteurs non-étatiques se renforcent.

Horizon 2022

La contestation populaire ayant échoué à se faire entendre après avoir investi la rue, beaucoup ont désormais tourné leurs espoirs vers les urnes, et attendent les élections législatives de mai 2022.

«Une crise, par définition, est quelque chose qui passe, or désormais on se retrouve dans un système politique et économique qui ne fonctionne plus: on est dans une phase où ce système est mort, mais rien n'a réussi encore à émerger, même s'il y a des embryons, affirme Camille Ammoun. La révolution n'est peut-être plus dans la rue, mais elle se passe ailleurs. Elle a donné un souffle à la société civile, qui avait commencé à se politiser en 2015, qui a atteint une certaine maturité en octobre 2019, et qui a continué ce processus jusqu'à aujourd'hui. L'opposition est devenue une opposition politique extra-parlementaire. Elle murit, se structure, s'organise en partis politiques et différentes coalitions. Le défi pour cette opposition est de faire des alliances électorales pour prendre le débat qui a lieu aujourd'hui en dehors du Parlement, et le faire rentrer dedans.»

Emmanuel Macron, en déplacement à Beyrouth, le 6 août 2020. | AFP

Lorsqu'Emmanuel Macron était venu au Liban le 6 août 2020, il y avait encore cinquante-sept groupuscules d'opposition. Depuis, ces groupes ont fait un travail de rapprochement considérable, et deux grandes coalitions ont émergé: une de centre gauche, qui rassemble notamment le parti historique du Bloc national, Beirut Madinati et Minteshreen, et une à droite, qui rassemble le Parti Kataëb de Samy Gemayel, le parti de l'Indépendance de Michel Moawad, et d'autres petits mouvements. L'objectif des forces de la société civile est désormais de faire front commun contre les six partis traditionnels qui contrôlent le pays.

«Mettre toute l'opposition dans une même coalition ne sera pas facile. Il y a des rivalités personnelles, et il n'y a pas forcément la même vision sur certaines questions importantes comme les armes du Hezbollah et la politique économique et fiscale qui devrait être menée. Ce qui les rassemble, c'est le dégagisme et la volonté de faire chuter le régime actuel, plus qu'un véritable projet commun», souligne Karim Émile Bitar.

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Mais 2022 est encore loin et bien incertaine pour une population dont plus de la moitié est passée sous le seuil de pauvreté, et qui essaye désormais de survivre au jour le jour, naviguant entre les multiples pénuries qui affectent le pays: plus d'électricité, plus d'essence, plus de médicaments, peu de pain, peu d'eau… Pendant que les partis traditionnels s'accrochent au pouvoir, de plus en plus de Libanais tâchent eux de quitter le pays.

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