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L'Estonie veut des «ambassades de données» pour faire migrer son gouvernement sur le cloud en cas d'attaque

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 30.05.2014 à 18 h 02

Le plan du gouvernement estonien pour faire face à une cyberattaque russe: protéger ses données en les sécurisant dans ses ambassades chez les pays alliés.

Server room / Torkild Retvedt via Flickr CC License By

Server room / Torkild Retvedt via Flickr CC License By

L’Estonie est l’une des sociétés les plus numérisées au monde. Les citoyens y votent et y paient leurs impôts en ligne, les formalités administratives se règlent sur le réseau et tout le système d'identification de l'identité des citoyens est numérisé. L’Estonie envisage même de créer une e-citoyenneté, qui permettait à des entrepreneurs ou des scientifiques étrangers de mener des activités dans le pays sans y avoir jamais résidé physiquement.

Or le pays a failli payer cher cette vulnérabilité en 2007, rappelle le site Quartz, lors de ce que certains, décrivent comme la première véritable cyberguerre de l'histoire. Fortement soupçonnée de venir du pouvoir russe voisin, l’attaque «a failli mettre à bas l'infrastructure numérique du pays», écrit le New York Times, provoquant des pannes sur les sites du gouvernement, des banques et des médias.

Depuis, les Estoniens ont réfléchi à une défense adaptée, et les récentes offensives russes en Crimée et dans l'Est de Ukraine n'ont fait que confirmer l'urgence d'anticiper de prochaines incursions –qu'elles soient militaires et physiques ou numériques.

C'est pourquoi le gouvernement serait en train de négocier avec des pays alliés une possible mise en nuage de ses données en les stockant sur des serveurs situés à l’étranger dans les ambassades du pays. Selon Quartz, citant des sources locales, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Australie ou le Canada seraient de possibles partenaires dans cette opération.

«Nous planifions le fait de faire fonctionner notre gouvernement dans le cloud», a expliqué à Sky News le directeur général de l'Autorité des systèmes d'information estoniens. Selon lui, les données seraient stockées sur plusieurs serveurs dispersés dans différents pays amis.

Ces «ambassades de données» numériques permettraient au pays d'opérer à distance même en cas d'invasion du territoire par une force étrangère (au hasard, la Russie). Comme le note Quartz, il s’agit d’une adaptation moderne du principe du gouvernement en exil. Sauf que les points vitaux de l’Etat sont aujourd’hui ses données…

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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