Européennes 2014 / Monde

Le parti satirique allemand Die Partei veut envoyer chaque mois un nouvel eurodéputé à Bruxelles

Temps de lecture : 2 min

Une affiche de campagne de Die Partei, en août 2011. REUTERS/Thomas Peter.
Une affiche de campagne de Die Partei, en août 2011. REUTERS/Thomas Peter.

La réforme du système électoral allemand ne profite pas seulement aux geeks du Parti pirate et aux néonazis du NPD mais aussi aux farceurs du parti satirique Die Partei («le parti», en allemand). À l'instar de ces autres petits partis, il vient d'obtenir un siège au Parlement européen.

Son candidat, le pince-sans-rire Martin Sonneborn, que nous avions rencontré pendant la campagne des élections au Bundestag en 2013, n'envisage pourtant d'occuper son confortable fauteuil d'eurodéputé à Bruxelles qu'un mois à peine, rapporte le quotidien Die Tageszeitung.

«Je préparerai ma démission pendant quatre semaines de manière intensive», a-t-il indiqué à la presse. Comme à son habitude, Martin Sonneborn entend tourner en dérision le jeu politique. Cette fois-ci, il compte utiliser son mandat d'eurodéputé pour permettre à son parti de gagner le plus d'argent possible durant cinq ans, comme il l'explique:

«Nous allons essayer de démissionner chaque mois, pour faire passer 60 membres du parti par le Parlement européen. Cela signifie que chacun de ces membres peut se rendre une fois à Bruxelles pendant un mois pour voir à quoi cela ressemble en touchant 33.000 euros puis démissionner et toucher encore six mois d'indemnités transitoires. Nous allons donc traire l'UE comme si nous étions un petit pays du sud de l'Europe.»

L'idée farfelue de Martin Sonneborn n'est pas nouvelle. Il est déjà arrivé par le passé que des députés européens adoptent un système de rotation. Mais certainement pas au rythme effréné d'une fois par mois.

Dans les années 1980, le RPR et les Verts allemands ont par exemple eu recours à cette pratique dite du «tourniquet»: chaque député démissionnait au bout d'un an pour laisser sa place à l'un de ses colistiers. Pour les premiers, il s'agissait d'afficher leur mépris vis-à-vis de l'institution européenne, tandis que pour les seconds, c'était une façon d'appliquer la collégialité qui prévalait au sein du parti écologiste.

Chaque démission présentée par un membre du Parlement européen étant soumise à l'examen d'une commission, le système de rotation mensuel proposé par Die Partei a toutefois peu de chances d'être accepté.

Die Partei a fait campagne pour les élections européennes sur l'ubuesque formule «Oui à l'Europe, non à l'Europe». Comme il l'expliquait dans une interview publiée récemment sur le site de l'hebdomadaire Die Zeit, Martin Sonneborn a de grands projets pour l'Europe:

«Tout d'abord, nous voulons fonder un comité pour les agissements anti-américains. Ensuite nous voulons rassembler les groupes parlementaires derrière nous, lutter contre la globalisation et restreindre la liberté bancaire, construire un mur autour de la Suisse, et, et, et...»

Annabelle Georgen Journaliste

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