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L'Ukraine doit cesser d'arrêter des journalistes pro-russes

Joshua Keating, mis à jour le 23.05.2014 à 18 h 22

Des journalistes russes manifestent devant l'ambassade d'Ukraine à Moscou avec des pancartes «Les journalistes ne sont pas des terroristes»,  le 21 mai 2014, REUTERS/Sergei Karpukhin

Des journalistes russes manifestent devant l'ambassade d'Ukraine à Moscou avec des pancartes «Les journalistes ne sont pas des terroristes», le 21 mai 2014, REUTERS/Sergei Karpukhin

Depuis le début de la crise en Ukraine, les médias russes ont diffusé certaines informations qui se sont avérées complètement fausses. Malheureusement, le nouveau gouvernement de Kiev, qui en a apparemment marre d'être décrit comme fasciste, antisémite et comme un larbin de l'occident, semble répondre en s'attaquant aux médias hostiles.

Graham Philips, un blogueur britannique travaillant pour la chaîne de télévision russe RT, a été relâché mercredi 21 mai après avoir été arrêté à Marioupol pour «enregistrement non-autorisé de site sensible». Il a passé la nuit en prison et été questionné sur son travail.

Deux journalistes russes de la chaîne Life News ont également été détenus dimanche, accusés d'aider les rebelles et de porter des missiles anti-avions. Des aveux filmés d'un d'entre eux, Marat Saichenko, a été diffusé par le Service de sécurité ukrainien et n'apaise pas vraiment les craintes autour de cet épisode.

Il ne s'agit pas ici de défendre le travail des deux médias. Comme le souligne le Wall Street Journal, «quand trois agents des renseignements ukrainiens ont été capturés par des militants fin avril, Life News a diffusé ce qu'il présentait comme une interview des détenus qui avaient été battus et qui étaient attachés à des chaises sans sous-vêtements et les yeux bandés avec ce qui ressemblait à du ruban adhésif ensanglanté». Et jusqu'à maintenant, le conflit en Ukraine a autant été une guerre de l'information qu'un conflit militaire.

Mais ces incidents, ainsi que les informations selon lesquelles l'Ukraine refuse l'entrée à d'autres journalistes russes avant les prochaines élections présidentielles, ne sont pas vraiment encourageants quant aux perspectives du pays et à une éventuelle transition démocratique.

De la même manière qu'ils condamnent les abus et la détention de journalistes occidentaux et ukrainiens par les forces pro-russes, les soutiens internationaux de l'Ukraine devraient mettre la pression sur le gouvernement pour qu'il ne devienne pas le genre de régime que les médias russes dépeignent. 

Joshua Keating

Traduit par G.F.

Joshua Keating
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