Européennes 2014France

Parlement européen: dans la délégation française, la parité recule

Camille Jourdan, mis à jour le 26.05.2014 à 16 h 11

Œuvre présentée au Parlement européen pour la journée internationale de la femme en 2011 / European Parliament via Flickr CC License by.

Œuvre présentée au Parlement européen pour la journée internationale de la femme en 2011 / European Parliament via Flickr CC License by.

Mise à jour: ce sont finalement 31 femmes qui siègeront au Parlement européen, voire 30, et non 32. En effet, Joëlle Bergeron, élue dans la circonscription Ouest sur la liste du Front National, a été contrainte de donner sa démission. Une autre candidate FN pourrait elle aussi démissionner pour des raisons personnelles: il s’agit de Jeanne Pothain, élue dans le Centre.

Par conséquent, le FN n'enverrait pas onze femmes au Parlement européen mais seulement neuf, sur 24 députés. Une délégation qui s'avérerait du coup moins paritaire que celles de l'UMP ou du PS.

32 femmes, 42 hommes. Cette année encore, les eurodéputés français seront plus nombreux que les eurodéputéEs. On vous avait prévenu, c’était inévitable.

Malgré une règle de parité sur les listes des candidats aux élections européennes en France, le partage reste toujours favorable aux hommes. En effet, si la loi du 6 juin 2000 impose des listes qu'elles alternent un homme et une femme, elle n’exige rien en ce qui concerne les têtes de liste.

Or, la majorité des leaders des listes en France restent des hommes. D’où un déséquilibre inévitable à l’arrivée, les sièges étant distribués à la proportionnelle: si un nombre impair de siège est attribué à une liste dans une des grandes circonscriptions et que la tête de liste est un homme, le parti enverra plus d'hommes que de femmes au Parlement européen pour cette circonscription.

45% des députés frontistes sont des femmes

Résultat, un déséquilibre femmes-hommes, qui s'accentue légèrement cette année: on ne compte plus que 32 femmes contre 34 dans la nouvelle délégation française au Parlement européen.

En «valeur absolue», c’est logiquement le Front National, arrivé en tête, qui envoie le plus de femmes: onze eurodéputées frontistes représenteront la France à Bruxelles. Pourtant, le parti d’extrême droite ne présentait que deux femmes têtes de liste sur huit. Finalement, 45% de ses élus sont des femmes.

Parmi les autres partis français représentés au Parlement, seul EELV parvient à établir une parité absolue. Pourtant, le parti écologiste n’obtient que six sièges, mais il avait présenté quatre femmes têtes de liste.

Les élus des autres partis restent majoritairement masculins: le PS, par exemple, n’envoie que cinq femmes sur ses treize eurodéputés. En cause: seulement trois femmes têtes de liste, et deux circonscriptions menées par des hommes (Nord-Ouest et Centre) où le parti ne décroche qu’un siège. L'UMP a fait élire neuf femmes sur vingt eurodéputés, le Front de gauche (et ses alliés divers gauche Outre-mer) une sur quatre et le centre trois sur sept.

La France était huitième en 2009

Néanmoins, avec 43% d’eurodéputéEs françaises, le France se classera certainement dans la première moitié de l’Union Européenne en matière de parité (elle était huitième en 2009). En effet, elle reste l’un des rares pays à imposer des règles de quotas aussi strictes, qui semblent encore nécessaires dans la plupart des Etats pour permettre à des femmes d’accéder à telles fonctions.

Aucune mesure au niveau européen n’oblige les candidats au Parlement à présenter des listes paritaires. Certains Etats, comme la France, s’en chargent donc, mais chacun à leur façon.

En Belgique, la parité est exigée, mais seuls les deux premiers candidats doivent être de sexe différent. Autre système en Slovénie, où chaque liste doit contenir au moins 40% de candidats de chacun des deux sexes, ce qui bien entendu se fait au détriment des femmes. Au Portugal, c’est le seuil d’un tiers de femmes qui est retenu. D’autres pays laissent le choix aux partis de mettre en place ce type de quotas: c’est le cas en Allemagne, en Espagne, ou encore en Suède.

Deux postes clefs pour des femmes?

Ces réglementations variées ne parviennent donc pas à imposer une parité totale au Parlement, alors que l’article 3 du traité de Lisbonne fixe pourtant un objectif de parité: 

«Pour toutes ses actions, l’Union cherche à éliminer les inégalités et à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes.»

Dans les prochaines semaines, la Commission, mais également les quatre postes clefs de l'Union Européenne seront renouvelés: président du Parlement, de la Commission, Haut représentant aux affaires étrangères et président du Conseil Européen. Ces cinq dernières années, seule une femme, Catherine Ashton, avait accédé à l'un de ces postes.

La Fondation Robert-Schuman écrivait en mars que les nouvelles élections pourraient être «l’occasion pour l’Union européenne de mettre en application les dispositions des traités qui prévoient l’égalité entre les hommes et les femmes».

«On pourrait ainsi souhaiter que sur les quatre postes clefs au sein de l'Union renouvelables cette année, deux soient attribuées à des femmes, et que sur les 28 commissaires européens, 14 soient des femmes.»

Camille Jourdan

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Journaliste
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