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Notre vision de la place des femmes dans l'armée israélienne n'est pas la bonne

Grégor Brandy, mis à jour le 19.05.2014 à 12 h 57

Zero Motivation / Zeitgeist Films

Zero Motivation / Zeitgeist Films

Les femmes ne sont pas aussi présentes aux postes de combat dans l'armée israélienne qu'on peut le croire.

C'est notamment ce que permet de voir Zero Motivation, film avec lequel, en avril 2014, Talya Lavie remportait deux prix, au Festival du film de Tribeca.

Dans ce film, cette réalisatrice israélienne raconte l’histoire de deux recrues, au sein de l’armée de défense d’Israël (IDF), aussi surnommée Tsahal.

Mais à la différence de nombreux films, et références habituelles de la pop-culture, les deux femmes travaillent dans les ressources humaines, où elles se battent pour savoir qui obtiendra le meilleur score au démineur.

En fait, c'est à partir de 2004, que les femmes ont pu accéder aux combats, en rejoignant le bataillon Karakal. Depuis, comme l’explique Leeor Bronis dans PolicyMic:

«La présence de femmes, faisant partie de l'IDF, sur les lignes de front, est devenu quelque chose de commun, pour le public américain. Plus récemment, l'actrice israélienne Daniella Kertesz a joué le rôle de Segen, une femme soldat israélienne, choisie pour devenir la garde du corps de Brad Pitt, dans le film de zombies World War Z.»

Mais, les femmes occupent rarement les postes de combat, au sein de Tsahal. Leeor Bronis poursuit:

«Alors que l’armée israélienne a fait un effort pour que femmes et hommes soient également répartis dans ses différents services, la plupart des femmes n’occupent pas les postes de combat. Alors que 92% des emplois de l’IDF sont ouverts aux femmes, seuls 3% des femmes occupent de telles positions. C’est peut-être parce que ces postes doivent être occupés pendant trois ans, au lieu de deux pour les autres.

La plupart des femmes optent pour des postes de secrétaires: détruire des documents, envoyer le courrier, répondre au téléphone. Pour faire court: la réalité du travail des femmes au sein de l’IDF contraste fortement avec l’idée que s’en est faite l’Occident. Et, les femmes de l’armée israélienne font face au même redoutable plafond de verre qu’aux Etats-Unis.»

C’est d’ailleurs ce qu’expliquait la réalisatrice, Talya Lavie, dans une interview accordée au Times of Israel, lorsqu’on lui demandait si le plafond de verre était bien réel au sein de Tsahal:

«Je pense que ce plafond de verre existe dans toutes les armées.»

Comme le rapporte la radio publique américaine NPR, si certaines unités sont parfois dominées par les femmes, les échelons supérieurs restent occupés par les hommes:

«La femme la plus haut-placée au sein de l’armée israélienne est une générale de division, en charge du personnel. Pour Miri Eisen, une colonelle à la retraite, qui a passé vingt ans au sein de l’armée israélienne, il y a clairement des limites pour les femmes.

"Nous n’avons pas de femme chef d’état-major. Le plafond de verre est là pour plusieurs raisons, explique Miri Eisen. L’armée est un club d’hommes. Je pense que c’est le cas dans tous les pays. C’est toujours une majorité d’hommes qui choisira ce mode de vie."»

Grégor Brandy
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