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Il a frôlé la pire collision aérienne de l'histoire, et personne n'en parle

Temps de lecture : 2 min

Un avion. Joshua Davis via Flickr CC License by.
Un avion. Joshua Davis via Flickr CC License by.

S'il s'était produit, ce crash d'avion aurait été le plus meurtrier au monde: l'Américain Kevin Townsend raconte, dans un article publié par le site Medium, comment 600 personnes ont failli perdre la vie dans une collision entre un appareil de United Airlines, dans lequel il se trouvait, et un avion d'American Airlines. Deux semaines après, il s'interroge: pourquoi n'a-t-on pas parlé de cet incident et comment se fait-il qu'un avion puisse prendre une mauvaise route sans que les tours de contrôles en soient averties?

Le 25 avril, alors qu'il venait de quitter l'aéroport de Kona, à Hawai, un avion de United transportant 289 passagers plonge brutalement alors qu'il survole l'océan Pacifique à 33.000 pieds d'altitude. En quelques secondes, il descend d'environ 600 pieds.

Rapidement, l'avion retrouve son altitude de croisière. La voix de l'hôtesse retentit: «Le pilote a réalisé une manoeuvre afin d'éviter un avion qui se trouvait sur notre trajectoire de vol.» Kevin Townsend est sceptique: comment se fait-il que le pilote n'ait pas été averti plus tôt de la présence de cet avion?

«En temps normal, dans de telles situations, le système d'alerte de trafic et d'évitement de collision (TCAS) communique avec les deux avions, prévient l'équipage et donne des instructions à chacun d'eux, soit pour prendre de l'altitude, soit pour plonger.»

Mais lors de ce vol, il était déjà trop tard pour agir ainsi. L'avion, qui arrivait droit sur l'appareil d'United, était déjà trop près, précise Kevin Townsend:

«Deux avions qui se rencontrent à cette vitesse (600 miles par heure) pourront parcourir les cinq miles (huit kilomètres) qui les séparent en quinze secondes.»

Le système radar des avions envoie des signaux qui permettent de détecter au plus tôt ce type de situation. Lorsque deux signaux se rencontrent, les deux pilotes qui ont emprunté la même voie aérienne sont alertés. En général, cela survient lorsque l'avion est encore suffisamment loin, dans ce qui s'appelle la zone d'avertissement («TA Region»).

Dans le cas présent, l'appareil se trouvait déjà dans la zone d'alerte («RA Region»), ce qui demande au pilote de prendre une décision immédiatement. A quelques secondes près, la collision aurait pu avoir lieu.

Comment une telle faille de sécurité est-elle possible? Selon Kevin Townsend, l'autorité chargée de contrôler l'aviation civile aux Etats-Unis (FAA) a mené une enquête afin de comprendre l'origine de cet incident. Mais en discutant avec plusieurs de ses représentants, Kevin Townsend a cependant découvert que, jusqu'à cette semaine, «l'incident du 25 avril, que la compagnie United Airlines elle-même considère suffisamment "important" pour réaliser une enquête interne, n'avait pas été signalé ou n'avait pas été estimé "important" par la FAA».

Selon une enquête menée en 2011 par deux groupes de médias américains à Seattle, «en moyenne, près de 150 incidents de ce genre surviennent tous les jours». La plupart touchent des petits avions, qui volent à basse altitude. Rares sont ceux qui concernent les gros avions, comme ce fut le cas le 25 avril.

L'accident d'avion le plus meurtrier de l'histoire, qui avait provoqué la mort de près de 600 personnes, était justement une collision entre deux appareils à Tenerife, en 1977. Plusieurs facteurs en étaient à l'origine, dont un retard lié à une alerte à la bombe à l'aéroport.

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