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Et si on faisait voter les générations futures?

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 13.05.2014 à 17 h 52

OK, mais comment?

A Nice le 23 mars 2014, REUTERS/Eric Gaillard

A Nice le 23 mars 2014, REUTERS/Eric Gaillard

Ah, les générations futures! Tout le monde en parle, mais qui s’en soucie réellement? Nous sommes liés à nos prédécesseurs sur Terre par les structures qu’ils nous ont laissées: le système politique, le régime économique, les lois… A l’inverse nos successeurs, les générations à naître, doivent accepter par définition tout ce qui les aura précédés mais plus encore, ils n’ont aucun moyen de protester.

Alors que la majorité des électeurs se vantent de voter en fonction des intérêts de leurs enfants, nous sommes en réalité tiraillés entre la volonté d'assurer à notre prochain un avenir décent sur Terre et nos besoins à plus court terme.

C’est ce qu’explique dans le magazine Aeon Thomas Wells, philosophe néerlandais, qui propose une mesure radicale pour que les citoyens non encore nés aient leur mot à dire lors des campagnes électorales: donner un droit de vote à des organisations qui représenteraient les intérêts de nos descendants, et voteraient d’une manière impartiale et en ayant en ligne de mire un futur éloigné.

«Je pense à des organisations civiques comme les fondations caritatives, les groupes de protection de l’environnement ou les think tank non-partisans.»

Ces votants prendraient la forme d’un trust, notion qui en droit anglais désigne un représentant qui administre un bien au nom de son détenteur. Ils pourraient représenter 10% du corps électoral. Bien sûr, admet l’auteur, les candidats se mettraient à les courtiser comme ils le font pour tous les corps sociaux existants et tous les groupes constitués autour d’un intérêt spécifique, mais avec un tel poids électoral, les questions de préservation des ressources deviendraient dès lors des sujets majeurs de débat.

C’est là que tout se complique. Sur le site Marginal revolution, Alex Tabarrok affirme que bien que l’objectif soit louable, la méthode est mauvaise. Qui choisirait les organisations impartiales et sur quels critères? Il propose à la place le système élaboré par l’économiste Robin Hanson: la futarchie. La futarchie est un système dans lequel des parieurs choisissent les mesures gouvernementales à adopter, les paris étant, selon Hanson, la manière la plus fiable de prévoir l’avenir.

Comme le résume le site Wikilibéral,«le marché [de parieurs] définit les moyens, la fin étant déterminée par les systèmes démocratiques classiques». Une futarchie pourrait au final décider de ne pas préserver l’environnement si son modèle prédisait que les générations futures seront insensibles à ce dernier.

Compliqué…

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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