Monde / Parents & enfants

Et si être parent rendait heureux, finalement?

Temps de lecture : 2 min

Contrairement à ce que concluaient quantité d'études, être parent apporte indéniablement joie et félicité.

La reine Elizabeth, avril 2014. REUTERS/Rebecca Naden
La reine Elizabeth, avril 2014. REUTERS/Rebecca Naden

Parents, vous êtes plus heureux que les non-parents. Jusqu’à présent, les pseudo-études qui avaient cherché à diviser le monde avaient plutôt montré le contraire. Ainsi, deux psychologues de l'université de l'Ontario, après une expérience menée sur 80 nord-américains parents d'au moins un enfant mineur avaient conclu que plus les parents étaient conscients des sacrifices financiers à faire, plus ils se disaient heureux. Ainsi, les parents se mentent sur le bonheur que leur apporte leur progénitude de manière à rationnaliser le coût nécessaire à leur éducation (soit 200.000 dollars pour un enfant aux Etats-Unis).

Une autre étude était venue apporter une nuance: pour être heureux, il faut avoir deux filles tandis que les parents de quatre filles eux tutoient la dépression. Enfin, une étude britannique avait elle conclu que les personnes sans enfants ont une vie de couple plus épanouie et se sentent plus estimés que ceux qui se sont reproduits une ou plusieurs fois.

Enfin, de manière plus pragmatique, on peut effectivement considérer que le manque de sommeil, les devoirs, les courses, les éventuelles punitions à donner sont des sources de stress dont les non-parents son exempts.

Le sujet est évidemment complexe et mérite beaucoup de finesse. C'est ce que se sont efforcés de faire Christ Herbst et John Ifcher, respectivement professeurs à l'université d'Arizona et de Santa Clara, aux Etats-Unis, auteurs d'une étude qui vient contredire tout ce qui a pu être dit et qui porte le titre réconforant —pour les parents— de «le bonheur croissant des parents».

Les parents seraient beaucoup plus heureux que les autres pour au moins deux raisons. D’abord, si les études précédents affirmaient le contraire, c'est d'abord parce qu'elles n'avaient analysé les comportements que de ceux qui sont devenus parents après la rencontre d'un ovule et d'un spermatozoide. Quid des parents adoptifs, des beaux-parents, de ceux qui sans lien génétique avec leurs enfants...

La société a évolué et les parents d'aujourd'hui n'ont rien à voir avec le couple parental tel qu'il existait dans les années 70. La famille dans son ensemble a changé et interroger uniquement des couples qui sont devenues parents par les voies traditionnelles exclut, de fait, des segments entiers de la société et tronque les résultats.

Ensuite, si les parents sont plus heureux que les non-parents, c'est parce que les enfants constitueraient un formidable bouclier à la morosité ambiante.

Les parents sont plus intégrés dans la société que les autres. Pour les deux auteurs, le fait d'être parents aiderait les individus à conserver et à cultiver le lien social grâce à la vie scolaire, aux réunions de parents, aux gouters d'anniversaire etc... «Les parents restent mieux attachés à la société, et la clé de voûte de cet attachement, ce sont les enfants.»

Ensuite, le recul de l'âge du premier enfant prouve que les couples attendent de plus en plus le bon moment pour devenir parent. Ils deviennent donc parents parce qu'ils le souhaitent et non en raison de la pression sociale. Ils sont donc davantage disposés au bonheur que tous ceux qui ont enfanté «parce qu'il le fallait». Les études cherchant à déterminer le bonheur des parents devraient donc s'intéresser à ces couples qui attendent 40 ou plus pour faire le premier enfant.

«Ce que nous croyons, c'est que les adultes sont de moins en moins heureux, que le pessimisme gagne du terrain. Les adultes dans leur ensemble sont de plus en plus grincheux, mais les parents eux, parviennent à échapper à cela», concluent les chercheurs.

l'étude complète est ici

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