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La Russie vient-elle de publier par erreur les «vrais» résultats du référendum en Crimée?

Une femme pose avec un passeport ukrainien et un autre russe, en Crimée, le 7 avril 2014 | REUTERS/Maxim Shemetov

Une femme pose avec un passeport ukrainien et un autre russe, en Crimée, le 7 avril 2014 | REUTERS/Maxim Shemetov

Ils sont bien moins favorables à la Russie que ceux qui ont été officiellement annoncés.

Le 16 mars dernier, un référendum s'est tenu en Crimée, portant sur l'annexion de cette région jusque là ukrainienne à la Russie. Cet épisode symbolique des tensions qui traversent la région depuis des mois serait le reflet, à en croire les chiffres officiels russes d'alors, de la très large adhésion des habitants de Crimée à la Fédération: les chiffres de 96,7% de votes favorables à l'annexion et d'une participation culminant à 83% ont ainsi été avancés.

C'est une toute autre réalité qu'a révélé ce dimanche 4 mai le site Internet du «Conseil de la société civile et des droits de l'Homme». L'institution, pourtant directement liée au Président russe (et censée l'aider «à garantir et protéger les droits et liberté de l'Homme»), aurait ainsi publié que «la participation des votants en Crimée était seulement de 30%», signale Forbes, quand «seule la moitié [de ces votes] était en faveur du référendum». Soit à peine 15%.

Le rapport dont sont issus ces chiffres s'appuie sur les témoignages «d'officiels, d'ecclésiastiques, de journalistes, de personnalités publiques, d'avocats, d'activistes en faveur des droits de l'Homme et de citoyens», recueillis du 15 au 18 avril, détaille Business Insider. Il aurait «rapidement été mis hors ligne, note encore Forbes, comme s'il s'agissait de déchets radioactifs toxiques.» Néanmoins, le Washington Post indique que s'il est introuvable sur la version anglaise du site du Conseil des droits de l'Homme, il «reste disponible sur la version russe du site».

La traduction du journal américain varie d'ailleurs légèrement de celle donnée par Forbes. A l'en croire, le rapport indique qu'en Crimée, «50 à 60% des citoyens ont voté pour l'unification avec la Russie, avec une participation de 30 à 50%.» «[...] Ce qui suggère, poursuit le journal, que seuls 15 à 30% des électeurs ont vraiment voté pour l'annexion.»

Si la fourchette est légèrement plus haute que celle de Forbes, ces résultats ne s'éloignent pas moins «de ceux revendiqués par le gouvernement russe», déjà très largement critiqués lors de leur publication en mars, note encore le Washington Post. Et semble plus proches de la complexité de la situation sur place, et notamment de la diversité des populations présentes en Crimée, entre Tatars, Ukrainiens et Russes, ainsi que le rappelle Business Insider. 

Au cours de l'Histoire, ce territoire est passé de main en main, en fonction de l'évolution du rapport de force entre ces différents et puissants voisins. Une frontière et une identité mouvantes, que nous illustrions par une carte animée de 1793 à nos jours, quelques jours seulement avant l'annexion de la Russie.

A.F.

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