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Boko Haram: comment le hashtag #BringBackOurGirls a réussi à réveiller les médias occidentaux

Aude Deraedt, mis à jour le 07.05.2014 à 12 h 37

Des manifestantes lors de la Marche de protestation d'un million de femmes le 6 mai 2014 à Washington. REUTERS/Gary Cameron

Des manifestantes lors de la Marche de protestation d'un million de femmes le 6 mai 2014 à Washington. REUTERS/Gary Cameron

Le 14 avril, 234 adolescentes nigérianes se sont fait enlever par le groupe de militants nigérians Boko Haram. Quinze jours plus tard, les médias commencent à en parler. Selon un article de Mashable, l'éveil (tardif) des journalistes s’explique par la forte mobilisation créée sur les réseaux sociaux grâce à la naissance d'un hashtag. L’auteur de l’article, Brian Ries, explique:

«La médiatisation de la disparition de ces jeunes filles a été éclipsée par les derniers événements majeurs de ces derniers jours: le naufrage du ferry en Corée du Sud, le patron raciste d’un club de NBA et la disparition du vol de Malaysia Airlines

Quelques journalistes et blogueurs ont tenté d’alerter les médias sur l’importance de cette disparition. C’est le cas de Frida Ghitis, ex-correspondante pour CNN, qui estime sur le site de la chaîne de télévision américaine que «si c’était arrivé ailleurs, ce serait l’histoire la plus importante au monde».

Alors que les médias ont les yeux rivés sur le Pacifique, un nouveau hashtag fait son apparition sur Twitter le 23 avril. #BringBackOurGirls est créé lors d’une cérémonie pour la nomination par l’Unesco de Port Harcourt (Nigéria) comme capitale mondiale du livre. Deux personnes qui y assistent tweetent une partie du discours d’ouverture, prononcé par la vice-présidente de la section africaine de la Banque mondiale, Oby Ezekwesili, dans lequel elle demande la libération des jeunes nigériannes. Ils y insèrent un hashtag, qui sera retweeté près d’un million de fois à partir du 1er mai.

 

 

Depuis, des pages Facebook ont été créées. Une pétition a récolté plus de 405.000 signatures. Amnesty International a même lancé un tumblr. «C’est le résultat d’une campagne semi-coordonnée pour informer les chefs d’Etats du monde entier, les médias et les gens de la détresse de ces Nigériannes disparues», explique Brian Ries.

Depuis, Boko Haram a annoncé que les jeunes filles seraient traitées comme des esclaves, mariées de force aux militants du groupe islamistes, ou vendues pour 12 dollars sur les marchés.

Et ce n'est pas la première fois que des militants islamistes agissent ainsi. En 20 ans, Joseph Kony, fondateur de l’Armée de résistance du seigneur, a enlevé 30.000 enfants. «Compte tenu de la signification du nom du groupe Boko Haram, “l’éducation occidentale est un péché”, et de leur objectif d’éradiquer toute laïcité dans le nord du Nigeria largement musulman, il n’est pas tellement étonnant que le groupe ait l’habitude d’enfermer des enfants dans des écoles avant d’y mettre le feu», expliquait Eliza Grisworld dans un précédent article sur Slate.

Aude Deraedt
Aude Deraedt (37 articles)
Journaliste
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