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Gerhard Schröder choque l'Allemagne en fêtant son anniversaire avec Vladimir Poutine

Annabelle Georgen, mis à jour le 29.04.2014 à 14 h 04

Vladimir Poutine et Gerhard Schröder à Saint Petersbourg, en octobre 2005. REUTERS/ITAR-TASS.

Vladimir Poutine et Gerhard Schröder à Saint Petersbourg, en octobre 2005. REUTERS/ITAR-TASS.

En pleine crise ukrainienne, alors que les relations entre l'Allemagne et la Russie ont rarement été aussi tendues, l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder (SPD) n'a rien trouvé de mieux que de se rendre à Moscou, lundi 28 avril, pour y fêter son anniversaire en compagnie de son vieil ami Vladimir Poutine.

Une attitude qui scandalise la presse allemande, outrée de voir l'ancien chef d'État s'afficher avec le président russe comme si de rien n'était, en pleine tempête diplomatique entre les deux pays.

Le chef du service politique de l'hebdomadaire Der Spiegel, Roland Nelles, écrit par exemple:

«Si l'ex-chancelier pense qu'il pourrait simplement continuer à faire comme si de rien n'était, il commet une erreur. Le gouvernement fédéral (avec la participation de son propre parti) essaie actuellement avec acharnement d'empêcher son ami Vladimir Poutine de mener en Europe de l'Est la politique d'un hêgemôn épris de pouvoir. Vis-à-vis d'une telle personne, un ancien chef d'État allemand devrait, par les temps qui courent, garder une distance de sécurité en public.»

Et il ajoute:

«Dans un tel moment, on est en droit d'attendre d'un ancien chancelier qu'il soutienne la politique étrangère de son pays et qu'il ne la sape pas non plus ostensiblement, et même la ridiculise.»

L'ex-chancelier a eu 70 ans le 7 avril dernier. Après avoir fêté son anniversaire en Allemagne, il a été invité à le célébrer une nouvelle fois en Russie par le consortium North Stream, qu'il préside depuis la fin de son mandat à la tête de l'Allemagne. Une reconversion-éclair qui avait choqué à l'époque, au vu des relations étroites qu'entretenait Schröder avec Poutine durant son mandat, comme le rappelait récemment Daniel Vernet:

«Gerhard Schröder est un ami de longue date de Vladimir Poutine. Déjà, quand il était au pouvoir à Berlin, il avait noué des relations étroites avec le chef du Kremlin. Il avait fait le bon choix. Du moins de son point de vue.

A peine avait-il quitté la chancellerie que Poutine lui offrait un poste dirigeant dans le consortium North Stream. Cette filiale de Gazprom gère le gazoduc qui, à travers la mer du Nord, approvisionne l’Allemagne en court-circuitant les Etats baltes et la Pologne, un projet que le chancelier Schröder avait chaleureusement soutenu.»

Non seulement la présence de Schröder à cette soirée est vertement critiquée par la presse comme par l'opposition, mais également celle d'autres personnalités officielles allemandes, comme le révèle le quotidien Der Tagesspiegel. Le ministre-président SPD du Mercklembourg-Poméranie, Erwin Sellering, le porte-parole de la fraction CDU sur la politique étrangère, Philipp Mißfelder, ainsi que l'ambassadeur d'Allemagne à Saint-Petersbourg ont également pris part aux festivités. Interrogé par le quotidien, le service de presse du gouvernement allemand s'est toutefois défendu d'avoir confié une mission officielle à l'ex-chancelier.

Annabelle Georgen
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