Mondial 2014 / Monde

Des policiers brésiliens entraînés par des paramilitaires de l’ex-agence Blackwater

Temps de lecture : 2 min

Une voiture de police à Sao Paulo en novembre 2012.  REUTERS/Nacho Doce
Une voiture de police à Sao Paulo en novembre 2012. REUTERS/Nacho Doce

Mi-avril, vingt-deux agents de la police militaire brésilienne se sont rendus en Caroline du Nord aux Etats-Unis pour suivre un entraînement musclé avec la société militaire privée Academi, plus connue sous le nom de Blackwater, a révélé le journal Folha de S.Paulo.

Cette société est pour certains le symbole de la privatisation de la guerre en Irak. Ses agents, qualifiés de mercenaires, ont été accusés en 2007 de la mort de 17 civils, lors du massacre de la place Nisour à Bagdad, entre autres bavures commises par ses hommes.

D’après le quotidien brésilien, ce stage de trois semaines aux Etats-Unis avait pour objectif de former une unité spéciale antiterroriste, afin de prévenir une éventuelle attaque pendant la Coupe du monde. Cette formation fait partie d’une coopération militaire entre les Etats-Unis et le Brésil, centrée notamment sur la sécurité des grands évènements.

Academi, qui entraîne aussi des troupes d’élite indiennes ou canadiennes, a changé de nom en 2010 afin de faire oublier son passé sulfureux, tout en revoyant ses structures de management. Le président Ted Wright avait déclaré alors que le nom Academi était une référence à l’Académie de Platon, dont les principes étaient l’excellence, l’honneur et la discipline...

Selon Ricardo Bussotti Nogueira, commandant du Commando des Opérations spéciales de São Paulo, le choix d’Academi est justifié par le fait que son centre de formation et ses agents disposent de l’expérience nécessaire pour faire face aux bombes artisanales et aux attaques chimiques et biologiques.

Cependant la violence urbaine, criminelle ou sociale, est de très loin la première cause de problèmes de sécurité au Brésil, devant le terrorisme. Cette semaine encore, des émeutes ont embrassé une favela pacifiée toute proche des quartiers riches de Copacabana et Ipanema, à la suite de la mort inexpliquée d’un jeune habitant. Les forces spéciales du BOPE sont aussitôt intervenues.

Le Brésil a la particularité d’avoir une police militarisée entraînée à la guérilla et n’hésite pas à envoyer les chars dans les quartiers chauds. Excepté pour de rares opérations, comme cette formation anti-terroriste, il ne devrait pas faire appel à des services de sécurité privée, comme l’avait fait le Royaume-Uni pour les JO de Londres. Pour autant, la police militaire est accusée, pratiquement tous les mois, d’usage excessif de la force et de meurtres.

Mathilde Dorcadie Journaliste

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