Monde

Comment Chicago est devenue «Chiraq»

Temps de lecture : 2 min

Chicago / Vincent Desjardins via Flickr CC License By
Chicago / Vincent Desjardins via Flickr CC License By

«Chiraq», ou «Chirak» en français, fait les gros titres de nombreux journaux américains, au lendemain de ce long week-end de Pâques. Il ne s’agit pas d’un intérêt soudain pour notre ancien Président de la République. Non, «Chiraq», c’est le surnom de Chicago: une association entre l’Irak et Chicago, comme l'explique The Daily Beast. Dans les rues de cette ville du nord-est des Etats-Unis, presque autant d’Américains trouvent la mort que dans le pays en guerre.

Nous vous en parlions déjà en 2010, et les choses ne se sont pas arrangées. Entre le début de la guerre, en 2003, et 2011, 4.422 soldats américains ont été tués en Irak. Dans le même temps, 4.265 personnes étaient assassinées à Chicago, selon Vice et HBO, qui présentent ces chiffres étonnants qui ont valu à la métropole illinoise son surnom.

La violence continue d’ailleurs de sévir ces dernières années dans la ville américaine. Time parle de 516 victimes en 2012. Pour 2013, ce chiffre diffère selon les médias, mais il reste supérieur à 400. Le Chicago Tribune en répertorie 431. Un chiffre en baisse, certes, mais qui «reste bien supérieur aux situations constatées dans les deux seules villes plus peuplées, New York (333) et Los Angeles (246)», rapporte Reuters.

2014 semble commencer sur la même voie, puisque déjà près de 90 homicides ont été commis à Chicago depuis janvier, dont plus de 50 rien qu’en avril, si l’on tient compte du week-end meurtrier de Pâques.

Une mini-guerre se tient donc dans cette ville des Etats-Unis, bien loin des champs de bataille de l’Irak ou de l’Afghanistan. La source du problème: les armes à feu. Le site Newser cite les propos de Garry McCarthy, commissaire de police à Chicago:

«Tant que nous ne ferons rien contre les armes, il ne faut pas s’attendre à un changement du jour au lendemain»

Aucune peine sérieuse n’est infligée aux détenteurs d’armes, qui n’hésitent donc pas à en avoir. Et à s’en servir.

Nombre des victimes sont des adolescents, voire des enfants, qui subissent les bavures de gangs. The Daily Beast détaille par exemple les victimes de la tuerie de Pâques:

«Cinq jeunes âgés de moins de 15 ans –4 filles et un garçon– ont été tués dans un square où ils s’étaient rendus après l’office de Pâques d’une église voisine.»

Sur Twitter, des comptes et des hashtags servent à dénoncer ces crimes.

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