Culture / Monde

La Ciénega, village sans enfant

Temps de lecture : 2 min

Bolivar Quimi dans la rue principale du village de la Ciénega, Equateur - Santiago Arcos
Bolivar Quimi dans la rue principale du village de la Ciénega, Equateur - Santiago Arcos

Un jour, alors qu'il déjeune dans son université, le jeune photojournaliste Santiago Arcos entend à la radio un reportage sur la Ciénega, un petit village d'Equateur où plus aucun enfant ne vit. «Ce sujet a commencé à m'obséder. J'ai cherché partout des informations sur cet endroit, sans succès», raconte le photographe. Jusqu'au jour où il décide d'en parler à son éditeur au journal El Telégrafo, à Guayaquil... qui se souvient y être passé vingt ans plus tôt, quand le village complait encore des enfants. Il est cependant incapable de le replacer sur la carte.

Il y a trois ans, par le fixeur de son éditeur, le jeune Equatorien retrouve la trace du village. «Je ne savais pas exactement ce que je produirai, je voulais juste photographier quelque chose, faire des images.»

Le village compte alors quatorze habitants. «Aujourd'hui, ils sont onze. Seules huit maisons sont occupées, toutes les autres sont abandonnées», explique le photographe. Le village meurt doucement. «C'est malheureusement l'histoire de nombreux villages dans le monde entier, et pas seulement en Equateur», constate-il.

Pour construire sa série, Santiago Arcos s'est inspiré du village de Comala décrit dans le livre Pedro Páramo de l'auteur mexicain Juan Rulfo. Il a utilisé ce que lui faisait ressentir le village du roman et comment il l'imaginait pour faire une série d'images de la Ciénega qui fait sens, dans une logique de reportage:

«J'ai tenté de souligner une analogie entre ces deux villages en utilisant deux esthétiques différentes mais qui peuvent être complémentaires.»

C'est pour cela que ses photographies semblent osciller entre le photojournalisme et la photographie plus artistique: elles suggèrent plus que ne montrent.

La série entière de Santiago Arcos est visible sur son site internet.

F.A

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

Newsletters

New York, années 1980, souvenirs d’une époque disparue

New York, années 1980, souvenirs d’une époque disparue

Regarder les photographies de New York prises par Robert Herman dans les années 1980, c’est un petit peu comme regarder un film. Une fois transportés vers une époque de New York de plus en plus aimée et mythifiée à mesure qu’on s’en éloigne, le...

Beyoncé et Britney Spears doivent beaucoup à Michael Jackson (pas le chanteur, le danseur)

Beyoncé et Britney Spears doivent beaucoup à Michael Jackson (pas le chanteur, le danseur)

Moonwalk, anti-gravity lean, balancé testiculaire… Michael Jackson maîtrisait certes des «steps» hors de portée du commun des mortels, mais il a surtout introduit une certaine idée du métissage chorégraphique sur les dance floors.

Voici ce que vous auriez pu faire des 16.000 ans que vous avez passé à regarder «Gangnam Style»

Voici ce que vous auriez pu faire des 16.000 ans que vous avez passé à regarder «Gangnam Style»

Le clip de Gangnam Style, le tube du sud-coréen Psy, a dépassé la barre des 2 milliards de vues sur Youtube cette semaine. Depuis le 12 juillet 2012, date de mise en ligne de la vidéo sur YouTube, nous aurions ainsi passé plus de 140 millions d...

Newsletters