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Inde: un chiffre résume l'appétit des femmes pour la vie politique

Camille Jourdan, mis à jour le 22.04.2014 à 14 h 27

Indiennes / Anurag Agnihotri via Flickr CC License By

Indiennes / Anurag Agnihotri via Flickr CC License By

Du 7 avril au 12 mai, plus de 800 millions d'Indiens sont appelés à élire leurs futurs députés. Dans ce pays émergent, la participation des femmes aux élections ne cesse d’augmenter depuis qu’on leur a accordé le droit de vote sans condition en 1950. Quand 1.000 hommes vont voter, ce sont 833 femmes qui se déplacent également aux urnes, détaille Quartz. Dans un pays où on compte moins de femmes que d'hommes, les Indiennes montrent une réelle volonté de participer à ce qu’on appelle «la plus grande démocratie du monde», comme en atteste la BBC:

«L’écart entre la participation des hommes et celle des femmes aux élections générales s’est radicalement rétréci: il est passé de 16,7% en 1962 à 4,4% en 2009.»

Cet intérêt pour la vie démocratique ne semble pas réservé à une élite, ou à une certaine catégorie de la population, comme ont pu le constater Mudit Kapoor et Shamika Ravi, chercheurs à l’Indian School Business, que cite The Guardian:

«L’une de leurs découvertes les plus surprenantes est que [l’augmentation de la participation des femmes] se vérifie dans tous les Etats indiens, y compris ceux considérés comme en retard socialement ou économiquement.»

Mais l’implication des femmes en politique ne s’arrête pas là. Nombre d’entre elles siègent dans les conseils locaux, où des systèmes de quotas ont été mis en place. Un tiers, et même jusqu’à la moitié des membres, sont obligatoirement des femmes. IPS News dénombre «deux millions de femmes» actives dans la vie politique :

«Ces quotas génèrent une masse significative de femmes au pouvoir à la base.»

On ne retrouve pas ce même partage dans les institutions d’Etat. Le Parlement actuel compte seulement 11,4% de femmes, rapporte IPS News. Parmi les députés de la chambre basse –Lok Sabha– que les électeurs s’attèlent à élire en ce moment, 10,9% sont des femmes (contre 26% en France), soit 59 sur 545. Cette répartition restera sensiblement la même avec ces nouvelles élections, car le nombre de candidates demeure bien inférieur au nombre de candidats: 7% des 3.355 politiciens en course pour les cinq première phases de l’élection pour Lok Sabah sont des femmes, selon les statistiques de l’Association pour des réformes démocratiques.

Ce n’est pas faute de tenter d’instaurer des quotas au niveau national. Depuis 1996, un projet de loi, «Women Reservation Bill», est sur la table. Adopté par la chambre haute, il a toujours été rejeté par Lok Sabah. Il prévoit qu’un tiers des sièges de cette chambre basse soit réservé à des femmes, soit 180 places, explique IPS News. Subhhasini Ali, candidate aux élections générales, milite pour l’application de cette loi:

«Rien ne changera dans la représentation des femmes tant que cette loi ne sera pas adoptée.»

Les trois principaux partis en lice pour gagner la majorité à Lok Sabah ont promis qu’ils voteraient la «Women Reservation Bill». Une promesse qui reste en l'air depuis 18 ans. 

Pour mettre un peu plus de pression sur les organes politiques, des ONG, des journalistes, des militantes pour le droit des femmes, ou encore des économistes ont signé un «Womanifesto». En six points, cette pétition exige une amélioration des droits des femmes et de leur sécurité en Inde. Le troisième est clair: «mettre les femmes au pouvoir».

Camille Jourdan
Camille Jourdan (139 articles)
Journaliste
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