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Après la mort de 15 sherpas dans une avalanche sur l'Everest: mouvement social sur le toit du monde

, mis à jour le 21.04.2014 à 11 h 23

La fille d'un des sherpas tués vendredi sur l'Everest. REUTERS/Navesh Chitrakar

La fille d'un des sherpas tués vendredi sur l'Everest. REUTERS/Navesh Chitrakar

Mouvement social sur le toit du monde. Quatre jours après une avalanche mortelle, probablement la plus dramatique d’une histoire qui ne manque pas de tragédies, la poursuite de certaines expéditions était en suspens. A l’un des principaux camps de base, les sherpas s’interrogent en effet sur la suite de la saison, précise le magazine Outside. Que doivent-ils faire, alors que tant de leurs amis et collègues sont morts vendredi?

Il y a quatre jours en effet, un groupe de 50 personnes, en très grande majorité des sherpas népalais, ont été touchés peu avant 7h du matin, dans une zone surnommée le Popcorn Fields, qui mène au glacier Khumbu. Nous sommes ici à près de 6.000 mètres d’altitude. Bilan: 16 tués, plusieurs disparus.

Qui sont ces hommes : «Les sherpas sont la colonne vertébrale et la main-d'œuvre à tout faire des expéditions de l'Everest : ils installent les cordes fixes, montent les camps, cuisinent, portent et transportent les vivres et le matériels et guident les grimpeurs occidentaux. Evidemment, ils gagnent en moyenne beaucoup moins d'argent que les guides occidentaux. Et quand la mort de l’un d’entre eux survient, il reste sur le carreau des familles brisées qui luttent pour joindre les deux bouts. Travailler sur l'Everest est l’un des métiers les plus dangereux du monde.»

Que doivent-ils faire? Continuer ou arrêter? Des réunions se tiennent depuis dimanche entre Sherpas, raconte Outside. On parle de suspendre la saison pour une semaine. Voire suspendre toute la saison. «Je me sentirais mieux si toutes les expéditions cette année étaient annulées parce que 15 à 20 personnes ont été tuées. Ça serait par respect pour les victimes», a affirmé à l’AFP le guide Jyagba Sherpa depuis Katmandou.

Ce serait cette option qui aurait la faveur des sherpas. Mais certains se disaient toutefois contre l'idée d'annuler la saison, les expéditions représentant leur principale source de revenus«Il y a quelques compagnies qui par intérêt pour leurs affaires, veulent poursuivre la saison en risquant plus de vies humaines», explique Nyima Tsering, un Sherpa qui possède Cafe 8848, à Namche Bazaar. 

Depuis près d’un siècle, il y aurait eu plus de 220 morts sur la route du sommet, et selon certaines estimations, un tiers seraient des Sherpas. Bien que, statistiquement un client est davantage susceptible de mourir ​​l'Everest q'un Sherpa, un Sherpa est davantage susceptible de mourir dans la cascade de glace de Khumbu q'un client, là où a eu lieu l'accident de vendredi, explique National Geographic

Autre revendication des guides: la création d'un fonds d'indemnisation équivalent à 25 à 30% des redevances annuelles de l'État en prévision des accidents, explique l’AFP. Qui précise que lors de décès, le gouvernement verse 400 dollars à la famille. Les Sherpas réclament une indemnisation fixe de 10.000 dollars. Les enjeux sont en effet colossaux pour les Népalais et pour l’Etat, dont la redevance pour le seul Everest a rapporté 3,5 millions de dollars en 2013.

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