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Pâques, c'est aussi une île, menacée par les touristes

Camille Jourdan, mis à jour le 18.04.2014 à 12 h 12

Île de Pâques / World Wide Gifts via Flickr CC License By

Île de Pâques / World Wide Gifts via Flickr CC License By

Imaginez une île, perdue au large de la côte chilienne, dans l’océan Pacifique. 160 km² environ, 25 km pour aller d’un bout à l’autre. Des montagnes à perte de vue. L’île de Pâques fait rêver 80.000 touristes chaque année. Mais son succès lui nuit de plus en plus. La BBC World lance une nouvelle alerte, en cette période de Pâques.

Le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) avertit régulièrement sur les dangers du tourisme de masse. Diminution des ressources naturelles, pollution, dégradation des écosystèmes sont quelques-unes des conséquences de l’arrivée par milliers de touristes venus passer leurs vacances dans des lieux paradisiaques.

Mais ce paradis pourrait bien virer à l’enfer, si ce tourisme n’est pas régulé. Sur l’île de Pâques, des problèmes majeurs s’amplifient chaque année. En premier lieu, la gestion des déchets s’avère être un réel défi sur cette minuscule île. Selon la BBC, 20.000 tonnes de déchets sont produits chaque jour. Malgré l’implantation d’une usine de recyclage depuis 2011, le problème est loin d’être résolu, comme le souligne le maire de l’île, Pedro Edmunds:

«On ne peut pas brûler [ces déchets], et nous n’avons plus d’endroit où nous pouvons les déposer. Ça attire les moustiques, les rats, et les chiens errants.»

Autre effet néfaste du tourisme: la surpopulation. Outre les touristes, beaucoup de continentaux chiliens ont choisi de s’installer sur l’île pour profiter l’essor du tourisme. Leurs activités nuisent à l’environnement, et leur présence-même au milieu des autochtones est problématique. Leo Pakarati, directeur du journal en ligne de l’île, s’indigne:

«Il n’y a pas assez de place pour tout le monde, pas assez d’eau potable, pas assez de fuel. Je parle ici de soutenabilité et de qualité de vie.»

L’île de Pâques est pourtant inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, notamment pour ses immenses statues de plusieurs mètres de hauts, les «moaï». Malheureusement, le touriste est loin d’être respectueux, et ne se soucie guère de ce qui est protégé ou ne l’est pas. Pour preuve, certaines statues ont été dégradées. Un rapport sur l’état de l’île paru en 2012 dans la Revue Interaméricaine d’environnement et de tourisme détaille:

 «Comme quelques touristes ont réussi à rayer les moaï, d’autres les marquent, les taillent, et certains ont même eu l’audace de couper une partie de ce monument.»

Mais ce rapport soulève un point non négligeable: l’île de Pâques vit du tourisme.

«La principale activité économique de l’île de Pâques est le tourisme, et malgré le désordre que celui-ci engendre, il est vital pour la croissance économique de la zone et pour son maintien.»

Savoir s’il faut sacrifier l’environnement pour la croissance économique est une question récurrente. L’île de Pâques est loin d’être le seul endroit du globe à se la poser. Le site Vacances Pratiques répertorie les «dix sites menacés par le tourisme de masse»: parmi eux Venise, le mont Kilimandjaro ou encore le Machu Picchu. Comme conclut la BBC, il faut que ces questions concernant les impacts néfastes du tourisme soient prises au sérieux. Ou elles «finiront par menacer le futur» des plus beaux endroits de la planète.

Camille Jourdan
Camille Jourdan (139 articles)
Journaliste
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