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Inde: 17% des candidats aux élections ont un casier judiciaire, 10% sont accusés de crimes sérieux

Camille Jourdan, mis à jour le 16.04.2014 à 10 h 05

Narendra Modi, candidat / Al Jazeera English via Flickr CC License By

Narendra Modi, candidat / Al Jazeera English via Flickr CC License By

Si en France nos hommes politiques sont loin d’être irréprochables, le passé trouble voire criminel des hommes politiques en Inde semble pire. Une étude de l’Observatoire national des élections et de l’Association pour des réformes démocratiques (ARD) révèle que 17% des candidats aux élections générales indiennes ont un casier judiciaire.

Alors que depuis le 7 avril et jusqu’au 12 mai, plus de 814 millions d’Indiens sont appelés à voter pour élire leurs députés, le magazine Time résume l’étude de l’ARD. Sur les 3.355 candidats, 3.305 ont été étudiés. 557 d’entre eux ont un casier judiciaire.

Les crimes dont sont accusés ces candidats ne se limitent pas toujours à de petites infractions sans grande importance. Non, 328 sont accusés de «crimes sérieux», savoir des meurtres ou des viols.

Selon The Guardian, il faut néanmoins prendre ces affirmations avec prudence:

«Certaines des charges sont peut-être infondées, car le système judiciaire est souvent utilisé pour porter atteinte aux opposants politiques et la police est très corrompue dans de nombreux Etats.»

Le Parlement actuel compte déjà de nombreux «criminels» parmi ses rangs, explique The Diplomat.

«41% des députés du Parti Bharatiya Janata (BJP), parti nationaliste hindou de l’opposition, ont des charges judiciaires contre eux, contre 24% des membres du parti majoritaire du Congrès. Au total, un tiers des députés du parlement indien actuel, élu en 2009, sont accusés de crimes allant de la faute électorale au viol ou au meurtre.»

A ces élections 2014, c’est le parti nationaliste hindou qui présente la plus grande part de candidats qui ont ou ont eu à faire à la justice. 34% des membres du BJP ont dévoilé un casier judiciaire non vierge, contre 23% des membres du Parti du Congrès, au pouvoir. Les deux autres partis influents que sont Aam Aadmi et Bahujan Samaj comptent respectivement 16% et 18% de candidats au passé criminel.

Pourtant, c’est bien le Bharatiya Janata qui semble sur la voie de la victoire. Pour The Diplomat, les politiques corrompus est une recette qui marche:

«La classe politique indienne fait peu d’efforts pour purger ses rangs de ces malfaiteurs. Pourquoi? Parce que les candidats criminels gagnent des voix. Les politiques corrompus sont souvent vus comme des Robin des Bois et sont élus par des gens qui espèrent bénéficier de leur mauvaise conduite politique […] En effet, une analyse des deux dernières élections générales révèle que les malfaiteurs font de meilleurs scores dans les urnes.»

Pourtant, un an après les élections de 2009, Sonia Gandhi, à la tête du Parti du Congrès, exigeait moins de corruption et moins de criminels sur les bancs du Parlement:

«Nous avons besoin de faire plus d’efforts pour contenir l’influence de l’argent et du pouvoir de la force. Nous devons aussi établir un consensus sur la manière d’empêcher les individus ayant un passé criminel de se présenter à des élections.»

En 2013, l’Index de perception de la corruption réalisé par Transparency International classait l’Inde au 94e rang mondial.

Camille Jourdan
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Journaliste
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