Aux Pays-Bas, il y a plus de gardiens de prison que de prisonniers

Cellules en prison / miss_millions via Flickr CC License By

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Mais c'est une exception...

Si la surpopulation carcérale fait régulièrement les gros titres des journaux, ce phénomène n'est pas universel. Aux Pays-Bas, par exemple, il y a aujourd’hui davantage de gardiens de prison que de prisonniers, selon une dépêche Associated Press reprise par The Big Story. Mais ce pays reste tout de même une exception.

En mars, les prisons néerlandaises comptaient 9.710 détenus contre 9.914 gardiens. Le nombre de prisonniers aux Pays-Bas a en effet diminué ces dernières années. Pourtant, le taux de criminalité n’a pas plus baissé que dans d’autres pays, mais les peines d’emprisonnement ne sont pas systématiques:

«Beaucoup de Néerlandais pensent que les condamnations pour les criminels violents sont trop légères.»

Le taux de population carcérale aux Pays Bas n’est cependant pas le plus faible du monde. Selon les données de l’OCDE de 2009, c’est en Inde, en Islande et en Indonésie que le nombre de prisonniers comparé au nombre d’habitants est le plus faible.

En Inde, pour 100.000 habitants, on dénombrait 33 prisonniers en 2009. Une étude du Conseil de l’Europe, reprise dans le Huffington Post, délivre des chiffres plus récents pour les pays européens. Ainsi, les Pays-Bas connaissent également un faible taux de population carcérale, à savoir 69,5 détenus pour 100.000 habitants. Un taux qui a fortement baissé depuis 2009, puisque l’OCDE parlait de 100 prisonniers pour 100.000 habitants.

En France, on observe la tendance contraire: évalué à 96 en 2009, le taux de population carcérale était de 111,3 en 2011. En juillet 2013, 68.569 personnes étaient derrière les barreaux, soit plus de sept fois de plus qu’aux Pays-Bas. Le problème: il y a plus de condamnés à la prison en France que de places dans les centres pénitenciers français, comme le souligne Le Parisien.

«Avec 57.320 places, le système carcéral connait une surpopulation de près de 120%.»

Ce problème de surpopulation carcérale n’est pas spécifique à la France. Comme le rappelle le Huffington Post, «la moitié des pays européens» doivent y faire face. Certains Etats des Etats-Unis y sont également confrontés, la première puissance mondiale connaissant le plus fort taux de population carcérale.

Les Pays-Bas sont une exception

Contrairement aux Pays-Bas où il y a aujourd’hui plus de gardiens que de prisonniers, c’est donc très souvent le schéma inverse qui s’impose, face à cette explosion de l’occupation des prisons. Aux Etats-Unis, rapporte Associated Press, on compte environ 5 prisonniers pour un seul garde. D’où des dérives dans les prisons dues à cette surpopulation.

Déjà en mars 2008, un rapport de l’organisation non gouvernementale Prison Fellowship International (PFI) dénonçait cet encombrement des prisons. Selon elle, si les prisons ont tendance à se remplir, c’est principalement en raison de politiques qui favorisent l’emprisonnement, et non à cause d’une explosion de la criminalité:

«Les gouvernements prennent des décisions politiques pour envoyer plus de personnes en prison, des personnes qui n’y seraient pas allées avant, et pour des périodes plus longues.»

Les conséquences peuvent être désastreuses. Des prisons bondées sont plus difficiles à gérer, car le personnel de surveillance des prisonniers n’est pas nécessairement réajusté dans les mêmes proportions. Les prisonniers eux-mêmes vivent dans des conditions qui ne respectent pas toujours les droits de l’homme. PFI soulève enfin deux autres points moins évidents, dont les conséquences sur la récidive:

«Les taux de récidive sont toujours élevés chez les prisonniers, et la surpopulation carcérale augmente les probabilités qu’ils deviennent encore plus élevés.»

L’ONG évoque également le coût de la surpopulation carcérale:

«L’encombrement des prisons est un problème car les prisons coûtent cher à construire et à gérer.»

Même aux Pays-Bas, où l’on parle pourtant de «sous-population carcérale», le coût des prisons reste un problème.  En janvier, le vice-ministre de la Justice proposait même de faire payer 16 euros la nuit aux détenus, pour «réduire la facture des prisons», expliquait le Figaro. 

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